Cristin Milioti dans Palm Springs
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Rare au cinéma, celle qui incarna la femme de Ted Mosby brille dans ce bijou de comédie romantique dont les héros sont pris dans une boucle temporelle.

Dans Palm Springs, vous incarnez Sarah, la sœur d’une future mariée qui va se retrouver prise dans une boucle temporelle avec un jeune homme sur lequel elle a flashé pendant la cérémonie. Comment êtes-vous arrivée sur ce projet ?

Cristin Milioti : J’ai eu la chance que le rôle de Sarah me soit directement offert mais le processus fut long. J’ai d’abord rencontré la productrice Becky Sloviter et Andy Samberg lors d’un rendez- vous sans objet précis, si ce n’est d’imaginer peut- être de futurs projets ensemble. Ca devait durer 20 minutes. J’en suis sortie au bout de trois heures ! Puis deux jours après, ils m’ont envoyé le scénario de Palm Springs en me demandant si jouer Sarah m’intéresserait. Je l’ai dévoré et j’ai été ébloui par ce que je l’ai lu. Je le leur ai dit… puis je n’ai plus eu de nouvelles pendant 9 mois ! Je pensais vraiment que le projet n’avait pas su se monter ou qu’ils avaient choisi quelqu’un d’autre. Ca m’a rendu triste mais j’avais fini par en faire mon deuil. Et puis un jour, ils m’ont rappelée. Ils avaient réussi à trouver le financement et voulaient savoir si le rôle m’intéressait toujours. J’avais du mal à le croire !

Qu’est-ce qui vous avez précisément séduite dans ce scénario ?

La surprise permanente qu’il procurait au fil des pages. Je n’arrivais jamais à deviner ce qui allait se produire et quand je pensais savoir, j’étais à chaque fois à côté. Je n’avais jamais rien lu de pareil. Quelque chose qui tout à la fois me fasse rire, m’émeuve, me perturbe. Le scénario de Palm Springs ressemble à nos vies faites de montagnes russes d’émotions permanentes. C’est un film que j’aurais rêvé de découvrir comme spectatrice. Imaginez donc mon excitation à en faire partie !

Dans Palm Springs, les personnages priment en effet sur le concept du film. Qu’aimez-vous dans le vôtre ?

J’aime qu’elle existe par elle- même. Jouer les personnages féminins accessoires et qui n’ont aucune vie propre en dehors du héros masculin ne m’intéresse pas. Et je reçois hélas pas mal de scénarios de ce type… Celui de Palm Springs fait de Sarah un être humain dans toute sa complexité, avec des couches que l’intrigue va peu à peu nous révéler. Y compris cette honte d’elle- même qu’elle éprouve. Je me suis beaucoup reconnue en elle. Mais j’aime aussi que, comme pour le personnage de Nyles que campe Andy, on ne sache pas tout de Sarah, qu’il reste jusqu’au bout une part de mystère que le spectateur peut combler à sa guise. Il y a beaucoup de non- dits, notamment dans sa relation à sa mère.

Comment l’avez-vous créée ?

On a seulement eu 5 jours de répétition pendant lesquels on s’est surtout consacré aux passages dansés. Mais ce travail en amont, je l’ai surtout fait de mon côté. Lire et relire ce scénario semaine après semaine pour entrer totalement en immersion, prendre des notes, constituer des playlists que Sarah aurait écoutés, faire des recherches sur la thématique de la honte. Ensuite, une fois sur le plateau, il n’y a plus qu’à s’abandonner, en espérant que tout ce travail préparatoire ressurgira. Mais on a tourné si rapidement qu’on n’a pas le temps de se poser de questions

 

Palm Springs : un bijou de comédie romantique [critique]

Est- ce que le réalisateur Max Barbakow vous a donné des films à voir avant le tournage, comme des références ?

Non mais de mon côté j’ai beaucoup regardé Rachel getting married. D’abord parce que j’adore ce film. Mais parce que je trouve, même si l’ambiance n’est pas totalement la même que Rachel et Sarah sont assez proches. Dans leur douleur, leurs émotions

Outre son scénario riche en surprises, Palm Springs séduit par la complicité qui vous unit à Andy Samberg. Comment s’est-elle créée ?

Ca, ça ne peut pas se travailler. Elle se produit ou pas. Et si ce n’est pas le cas, il n’y a pas grand chose à faire. Dans notre cas, ça a marché dès le premier rendez- vous dont je vous parlais. La complicité était immédiate, sans doute parce qu’on partage le même sens de l’humour.

Il y a eu beaucoup d’improvisation entre vous ?

Oui et non. La plupart de ce que vous voyez à l’écran est dans le scénario. Après, on a fait évoluer certains détails : un accent que je prends à un moment, des gestes, des mimiques. Ce scénario est si précis qu’il n’y a pas grand-chose à rajouter et modifier.

Lorsque vous jouer, avez- vous en tête les réactions des futurs spectateurs ou jouez-vous uniquement la situation ?

Là encore, les deux. J’essaie avant tout de respecter et de traduire au mieux la douleur et la rage de Sarah. En jouant l’instant donc. En essayant de ressentir ce qu’on peut ressentir quand on se retrouve piégée dans une boucle temporelle avec quelque chose à se reprocher dont on a honte et qu’on ne peut pas réparer. Mais dans la toute première partie, avant que Sarah se retrouve bloquée dans cette spirale infernale, là je peux jouer avec le spectateur qui ne sait pas encore ce qui va se produire, je suis plus libre. C’est la seule fois où je pense le film dans sa globalité avec ses rebondissements et que je ne me concentre pas uniquement sur la scène que j’ai à jouer. Mon but est qu’à la première vision du film comme aux suivantes – en connaissant donc les rebondissements -, on puisse croire à ce que je fais. Dans les premières minutes, je dois laisser apparaître que quelque chose cloche mais sans laisser vraiment deviner quoi.

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