Family Business
Netflix

"Un acteur qui n'a jamais fumé de sa vie et qui joue le mec défoncé, je le vois tout de suite !"

La famille Hazan fera son grand retour demain sur Netflix. La saison 2 de Family Business sera mise en ligne ce vendredi sur la plateforme de streaming. L'occasion de discuter avec Gérard Darmon de ces nouveaux épisodes, de son premier joint, de son rapport à la fumettes et même d'Enrico Macias.


Le début de la saison 2 de Family Business a un petit côté qui rappelle Breaking Bad, non ?
Gérard Darmon : Je ne veux pas faire d'analogie, parce que c'est toujours très dangereux, pour l'une et l'autre. Surtout pour notre série en fait ! Parce que Breaking Bad est une série mythique et Family Business est traitée avec plus d'absurde. Ce qui est intéressant, c'est surtout de mettre des personnages dans des situations qu'ils ne devraient pas vivre. Des situations dont ils ne connaissent ni les tenants ni les aboutissants.

Mais les personnages ont changé quand même, par rapport à la saison 1 ?
Non je ne crois pas qu'on puisse dire ça. Ils évoluent, ils ont gagné beaucoup d'argent, donc ils ont arrêté la Boucherie. Ils font une petite industrie et ils ont déménagé. Sauf que la vie les rattrape, la loi les rattrape et les gens ne sont plus les mêmes vis à vis d'eux.

Votre personnage, Gérard, est devenu complètement accro à la beuh dans cette saison 2... Mais il s'en fout, il a une vision festive de la fumette !
Bien sûr, compte tenu de son âge, il a une vision très festive de la chose. Il est dedans et puis c'est tout ! Et ce n'est pas si grave que ça. Mais il va vite être ramené à la réalité.

Family Business darmon
Netflix

Vous avez souvent répété avoir fumé pas mal d'herbe. Vous vous souvenez de votre premier joint ?
Le tout premier joint, c'était totalement par hasard. Ça devait être en 1972 ou 1973. Je faisais mon premier spectacle avec Jean-Michel Ribes. Ça s'appelait "Je suis un steak". C'était un spectacle de café-théâtre. Il y avait des musiciens en live avec nous. Et à l'entracte, je sens une odeur incroyable venant des musiciens, qui étaient en train de discuter entre eux. Ils fumaient avec une pipe. A l'époque, ça se faisait beaucoup, c'était la mode de la pipe avec un tabac qu'on appelait l'Amsterdamer, qui avait une odeur délicieuse de miel et de sucre. Je trouvais aussi que ça sentait vachement bon. J'ai demandé au gars ce que c'était et il me répond : "Fumes, tu vas voir, c'est très bon". Alors j'ai tiré deux ou trois tafs de ce que je pensais être du tabac. L'entracte s'est terminé et la deuxième partie du spectacle a débuté. Ça reprenait avec un numéro dansé, et moi, je suis resté sur place, parce que j'était totalement défoncé. J'ai su après qu'ils m'avaient fait une blague.

Aujourd'hui, vous avez arrêté ? 
J'ai arrêté de fumer tout court, depuis 8 ans. Et ça fait partie d'un tout. J'ai essayé de ne fumer que des pétards, mais ça ne marche pas. Parce qu'on en fume beaucoup à l'arrivée, on ne sait plus où on habite. Tout ça devient vite limité. J'avais envie de faire peau neuve. De temps en temps, ça m'arrive de tirer une latte, comme ça, mais sinon, je peux dire que c'est fini pour moi.

Qui joue le mieux le mec qui plane sur le plateau de Family Business ?
Olivier Rosemberg le fait très bien. Julia aussi. Liliane Rovère sait aussi ce que c'est et elle y arrive parfaitement... Le pire, c'est celui qui n'a jamais fumé d'herbe et qui fait le mec défoncé par un joint ! Le mec fait comme si il avait bu un coup de travers, il fait mal le soûlot, et c'est lamentable. Ça se voit tout de suite. Un acteur qui n'a jamais fumé de sa vie et qui joue le mec défoncé, je le vois tout de suite. Il en fera trop, il sera dans la caricature, dans la bêtise. Ça se joue sur l'attitude, un regard, un rire qui n'est en accord avec rien... Mais en ce qui concerne la série, je pense qu'on est tous bon à faire semblant.

D'ailleurs, qu'est ce qu'on fume quand on tourne Family Business ?
J'ai demandé à ce qu'il n'y ait pas du tout de tabac. Donc on utilise des sortes de cigarettes qu'on trouve en pharmacie, un peu comme des feuilles de thé qui se fument et qui puent la mort... mais qui sont totalement inoffensives. Ça sentait très mauvais, mais je ne voulais surtout pas me réhabituer au geste, à inhaler.

Il y a des scènes improbables de fumette en famille, des moments assez dingues, qu'on imagine déments à filmer...
En fait, ce n'est pas simple, parce qu'il faut que ce soit crédible, il faut qu'on y croit. Sinon, ça devient Les Charlots fument de l'herbe. Tout à coup ce n'est plus très drôle. Il faut que ça reste plausible, qu'on est le sentiment que ça puisse arriver et qu'on y croit vraiment.

Et dans la saison 2, on retrouve un Enrico Macias très en forme, qui revient avec un maximum d'autodérision et un nouvel album...
C'est un tel grand. Il n'a plus rien à prouver. Il chante encore dans le monde entier, il remplit des salles invraisemblables du Canada à l'Egypte à la Russie. C'est dingue. Un jour, il m'a dit : "Ce serait formidable qu'on joue tous les deux dans un film, des trafiquants de drogue ou quelque chose comme ça." Dans ma tête, je n'y croyais pas franchement... mais c'est arrivé ! Et c'est bien d'avoir cette autodérision, de chanter "Loukoum Loukoum, je suis un Loukoum"... Quelle chanson ridicule... il faut l'assumer quand même, il faut oser la chanter et l'enregistrer...