La grande évasion
Swashbuckler Films

Retour sur le classique de John Sturges, diffusé dimanche soir sur Arte, à 20h50.

Avec Règlements de comptes à OK Corral et Les sept mercenaires, La grande évasion est le film le plus connu de John Sturges, solide cinéaste de l’après-âge d’or d’Hollywood qui sut parfaitement composer avec les nouvelles exigences des studios pour contrer l’influence grandissante de la télévision : de l’action, des grands espaces, des stars. C’est lui qui, à l’orée des années 60, lança la mode des films de bande avec Les sept mercenaires dont la recette était simple : panacher stars établies et montantes au sein d’une intrigue chorale les faisant briller tour à tour en fonction de leurs rôles et compétences. Pour La grande évasion, trois ans plus tard, il retrouvait Steve McQueen, Charles Bronson et James Coburn qu’il plongeait dans un camp de prisonniers allemand au milieu d’acteurs britanniques de premier plan, parmi lesquels Richard Attenborough, Donald Pleasence et David McCallum. L’autre américain, James Garner, complétait une distribution homogène, prête à jouer collectif. On raconte néanmoins que Charles Bronson aurait peu goûté le fait que Steve McQueen veuille tirer la couverture à lui. Ce dernier vit en effet dans le rôle du capitaine Virgil Hilts l’occasion d’asseoir sa popularité et son statut. Il milita ainsi pour ajouter la fameuse séquence de course-poursuite à moto finale qui ne correspondait pas aux faits -l’histoire s’inspire d’une réelle évasion spectaculaire. Non doublé (sauf pour le plan du saut à moto), Steve McQueen fut tellement identifié à son personnage, surnommé “The Cooler King”, qu’il en conserva le sobriquet de “Roi du cool”. La légende était en marche.

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57 ans plus tard, La grande évasion reste un modèle de film d’action. Les séquences mythiques s’enchaînent. La balle de baseball jetée dans un point mort, la terre évacuée via des chaussettes percées, la ruse de Pleasence pour cacher sa cécité, Bronson allongé sur son chariot dans le tunnel, les crises de claustrophobie du même Bronson, la dispersion des évadés dans la campagne environnante et leurs stratégies de dissimulation... On ne sent pas passer les trois heures de film. L’efficacité est telle qu’elle masque sans mal les facilités d’un scénario dont le ton désinvolte tranche avec la dureté des événements décrits. On s’amuse aux facéties de McQueen et de son acolyte Angus Lennie ; on sourit devant la tendre complicité entre Garner et Pleasence. Bronson force de son côté sa “maladie” tandis que la présence de James Coburn est inexplicablement réduite -on ne comprend du coup pas qu’il soit montré comme l’un des rares survivants de l’évasion. Allez, ne boudons pas notre plaisir et revoyons La grande évasion pour la dixième fois.

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