À la Croisée des Mondes
BBC

Après une première saison perfectible, la série de fantasy s'est aguerrie. Plus rythmée et mieux écrite, elle est clairement en amélioration.

Attendue comme un gros événement de fantasy mondial, l'adaptation de la saga His Dark Materials par la BBC n'avait pas totalement répondu aux attentes, l'an dernier. Plombée par un certain manque de rythme et une écriture poisseuse, la saison 1, très excitante à ses débuts, avait fini par s'embourber dans le grand Nord, du côté de Svalbard. Heureusement, le scénariste Jack Thorne semble avoir appris de ses erreurs et dès les premières minutes, la saison 2 d'À la Croisée des Mondes - qui commence aujourd'hui en France sur OCS - paraît plus aboutie. Elle pourrait bien avoir enfin trouvé son âme. En tout cas, on l'espère.


On retrouve ainsi la petite Lyra et son dæmon Pan. Après que Lord Asriel a ouvert un pont vers un nouveau monde, l'adolescente le suit dans l'inconnu. Elle se retrouve dans une ville abandonnée étrange et mystérieuse et fait la connaissance de Will, un garçon de notre monde, qui fuit son douloureux passé. Pendant ce temps, Mrs. Coulter cherche sa fille tout en manipulant le Magisterium, en guerre contre les Sorcières, pour arriver à ses fins.

Pauvre en excitation, en suspense ou même en passion durant la saison 1, À la Croisée des Mondes n'est toujours pas un show bouillonnant et frénétique. La série passe encore beaucoup de temps à bavarder et laisse peu d'espace pour le grand spectacle. Il n'empêche, elle a visiblement réussi à trouver son rythme dans sa deuxième saison. Tout du moins, les deux premiers épisodes sont véritablement engageants, visuellement somptueux et même épiques par moment - grâce aux sorcières notamment - s'appuyant sur une "production value" toujours aussi fabuleuse. Le tempo aussi a clairement été repensé, même s'il laisse encore une large place à la mythologie complexe de Philip Pullman.

À la Croisée des Mondes
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Car À la Croisée des Mondes ne s'est pas transformé en Seigneur des Anneaux du jour au lendemain et le drama garde ce noyau émotionnel froid, cette complexité imposante qui aura du mal à convertir cette année ceux qui étaient restés de marbre après la saison 1. Mais cette saison 2 élargit les univers de Lyra et ses camarades, les enjeux se précisent, et l'histoire fait d'emblée un bond en avant, qui raccrochera très vite les spectateurs désenchantés. D'autant que les enfants au centre du casting sont vraiment bons. Dafne Keen en Lyra Belacqua et Amir Wilson en Will Parry semblent, cette fois, tout à fait en mesure de porter la série sur leurs épaules et de l'emmener jusqu'au bout de son intrigue infiniment riche.