Unorthodox
Netflix

Une mini-série en quatre épisodes, qui nous plonge dans la culture juive ultraorthodoxe, à travers le destin d'une jeune femme en quête de liberté.

Dans la lignée des excellentes Unbelievable et Dans leur regard, Netflix a sorti la semaine dernière une nouvelle mini-série coup de poing, inspirée d'une histoire vraie : Unorthodox, qui explore la culture des juifs hassidiques de Brooklyn, raconte en quatre épisodes le destin incroyable d'une jeune femme, cherchant à s'émanciper des traditions de sa famille et de sa communauté.

Esther Shapiro, surnommée "Esty", a 19 ans et vit à New York avec son mari, du côté de Williamsburg, un quartier où sont regroupés bon nombre de Juifs Satmar, qui vivent selon les préceptes très stricts de leur confession juive ultra-orthodoxe. Fatiguée par le poids de ce mode de vie très austère, Esther décide de quitter l'Amérique pour aller vivre sa vie de femme à Berlin, en Allemagne, d'où elle est originaire.

Unorthodox
Netflix

De sa rupture avec le judaïsme hassidique et sa communauté ultraorthodoxe, à la découverte du monde extérieur, Unorthodox suit pas à pas la quête de liberté de cette jeune fille qui décide de prendre son destin en main. Une héroïne bouleversante, incarnée avec brio par Shira Haas. Actrice israélienne de 24 ans, inconnue jusqu'alors, elle porte la série sur ses frêles épaules. Petit bout de femme au regard d'acier, elle nous embarque avec détermination dans chaque décision d'Esty et dès le premier épisode, on se prend d'affection pour cette fugueuse en mal d'indépendance.

Surtout, Unorthodox nous fait découvrir un univers rarement représenté à l'écran, celui d'une communauté juive issue des pays de l'est et plus précisément de Hongrie, descendante de survivants de la Shoah, et adepte d'une pratique rigide des préceptes de la Torah et du Talmud. Des rigoristes qu'on pourrait comparer aux Amishs ou aux Mormons, chez les Chrétiens, car eux aussi vivent à l'écart de la société, de la modernité, de la mondialisation. Esther n'a jamais quitté Williamsburg, elle n'a jamais été sur Google, elle ne possède pas de smartphone, et a pour seule et unique mission dans la vie d'être une épouse dévouée.


Une culture discrète, méconnue, racontée par Deborah Feldman dans un livre paru en 2012. Unorthodox, c'est en partie l'histoire de sa vie. Créatrice du thriller Deutschland 83, déjà très remarqué, Anna Winger est à l'origine de cette adaptation, qui prend pas mal de libertés tout de même avec la vie de Deborah, puisque l'histoire qui se déroule dans le présent est inventée. Mais les flashbacks de son passé, dans la communauté Satmar, sont eux tirés du livre. Ce sont ces moments d'une vérité saisissante, qui marquent certainement le plus. Et qui nous informent sur un mode de vie brutal, largement ignoré.

Pour autant, si elle est parfois dure et sans concession (la scène du rasage de crâne est véritablement poignante), Unorthodox ne veut pas trop juger et essaye d'aborder tous les points de vue des différents protagonistes. Pour parler juste, la co-créatrice Alexa Karolinski explique dans le making-of (à voir sur Netflix après la série) que la production "a d'abord engagé Eli Rosen, acteur et spécialiste de la culture Yiddish. Il joue le Rabbin dans notre histoire, mais il était aussi, en quelque sorte, notre guide sur le tournage, spirituellement. Il nous a aidé avec les références culturelles."

Honnête, touchante, passionnante, Unorthodox fait ainsi un travail remarquable, pour captiver le spectateur et l'emmener dans cette culture juive ultraorthodoxe. Une série exigeante, qui parle Yiddish une grande partie du temps, mais qui nous tient en haleine pendant 4 heures. L’une des belles surprises du moment sur Netflix.

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