Rencontre avec les héroïnes principales du deuxième long métrage du duo Lise Akoka-Romane Guéret, situé au cœur d’une colonie de vacances dans la Drôme. Un bijou de film.
Révélées par Tu préfères, la web-série de Romane Guéret & Lise Akoka (à voir sur Arte.TV), Shirel Nataf et Fanta Kebe retrouvent leurs personnages de Shaï et Djenaba et le duo de réalisatrices dans Ma frère, présenté en mai dernier au Festival de Cannes et sorti ce mercredi au cinéma.
Dans cette comédie sociale pleine de tendresse, les deux gamines du quartier populaire de Place des Fêtes ont maintenant 19 ans et sont propulsées animatrices d’une colonie de vacances dirigée par Amel Bent. La célèbre chanteuse renoue ici avec le métier d’actrice quatre ans après son dernier vrai rôle dans le téléfilm Les sandales blanches, où elle incarnait la mezzo-soprano Malika Bellaribi. Rencontre avec un trio d’actrices irrésistibles e très complices.
Fanta et Shirel, la première fois que Lise Akoka et Romane Guéret viennent vous dire qu’elles veulent faire un long métrage avec vos personnages de la web-série Tu préfères, comment réagissez-vous ?
Fanta Kebe : On était trop contentes, très excitées et en même temps très stressées. C’était une opportunité énorme d’avoir l’un des rôles principaux, quelque chose qu’on n’avait jamais fait auparavant. On avait peur de décevoir Lise et Romane, mais surtout envie de les rendre fières et de se prouver à nous-mêmes qu’on en était capables. Et on avait hâte que ça commence !
Shirel Nataf : Et ce d’autant plus qu’avec Romane et Lise, on se connaît depuis qu’on a 11 ans. Elles ont donc beaucoup mis de nos personnalités, de ce qu’on dégage et de ce qu’on a traversé au fil de toutes ces années dans la vie dans nos personnages, Shai et Djeneba. Il y a donc en Shai et Djeneba une vraie part de nous, même si ça reste de la fiction. On est passées de l’adolescence à l’âge adulte en même temps que nos personnages. Et ça, c’est assez incroyable à vivre.
Amel, comment se passe votre arrivée à vous sur Ma frère ? Est-ce qu’on vous propose d’ailleurs régulièrement de jouer au cinéma ?
Amel Bent : J’ai eu la chance de jouer en 2021 dans Les Sandales blanches d’Etienne Faure. Un téléfilm très important pour moi car inspirée d’une histoire vraie, celle de Malika Bellaribi, une fillette des bidonvilles algériens de Nanterre devenue cantatrice à succès. Je trouvais essentiel que ce récit soit raconté et cette parole écoutée. Mais je n’ai jamais eu l’ambition d’être actrice. J’ai été approchée plusieurs fois mais j’ai toujours décliné. Car j’ai une vie très remplie avec la musique et mes enfants. Le cinéma ne peut exister pour moi que si j’ai l’opportunité de raconter quelque chose que je ne peux pas dire autrement, qui n’a pas forcément sa place dans ma musique ni avec mon langage à moi. Soit exactement ce que j’ai ressenti quand j’ai lu le scénario de Ma Frère. J’ai ri, j’ai pleuré, et je me suis dit que je voulais absolument faire partie de cette histoire. J’ai donc travaillé comme une folle pour réussir ces essais qui réunissaient à la fois des comédiennes installées et des non-professionnelles. Moi, je ne savais pas trop où me placer là-dedans, parce que je suis connue mais pas comme actrice ! En tout cas, j’ai été folle de joie de décrocher ce rôle.
Ma Frère : notre premier coup de coeur de 2026A l’écran, on est frappé par votre complicité à toutes les trois. On a l'impression que vous vous connaissez depuis toujours. Comment tout cela s’est-il construit ?
AB : Je crois que tout s’est fait naturellement et ce dès ma première journée de répétition avec Shirel. C’était comme un jaillissement. J’ai tout de suite compris comment elle comme Fanta ont pu inspirer Ma frère à Lise et Romane car elles en possèdent toute la drôlerie, l’émotion, l’énergie. Le scénario et les dialogues étaient très écrits mais ce réalisme part de là et de la capacité de Lise et Romane à savoir regarder et se nourrir de ceux et celles qu’elles dirigent. Moi comme les autres. Mais aussi de leur talent à raconter une infinité d’histoires en une, à veiller à ce que tout le monde brille.
SN : Moi, j’avoue que j’avais quelques préjugés avant de rencontrer Amel. Car c’est pour moi quelqu’un d’iconique donc je la voyais comme inaccessible. J’avais peur qu’elle nous prenne un peu de haut, qu’elle ne veuille pas se mêler à nous. Ca a été tout le contraire ! Et ce dès la première répétition dont parlait Amel où j’ai été surprise par sa timidité. Et elle nous a donné tout au long du tournage plein de conseils sur la vie. Elle est devenue une sorte de grande sœur pour nous.
AB : Elles m’ont même fait twerker ! (rires) Shirel et Fanta ont été mes fontaines de jouvence et m’ont redonné mes 20 ans ! Je pense que j’ai été même la plus dissipée des trois alors que j’étais censée être la figure d’autorité, de part mon âge et mon rôle. (rires)
Etait-ce complexe de tourner avec autant d’enfants dans cette colonie de vacances ?
FK : Ils ont énormément d’énergie donc ça peut compliquer certaines scènes, c’est vrai. Mais c’est le jeu ! Et ce que je retiens surtout, ce sont les moments de rires. On se serait cru en permanence dans une vraie colo !
AB : Ces enfants sont pour beaucoup dans le côté très réaliste du film. Ce sont de vrais acteurs car ils sont sortis gagnants d’un casting de 1500 candidats, très travailleurs puisqu’ils ne jouent pas sur leur seule nature. Mais ça reste des enfants. Et là où il y a des enfants, il y a de la vie, de l’imprévu, de l’émotion…
SN : Ce qui est fou, c’était justement de voir comment dès qu’il s’agissait d’apprendre leur texte et de tourner, ils n’étaient plus dissipés mais immédiatement totalement concentrés. Je n’étais pas du tout comme ça à leur âge, je vous assure ! (rires)
Et on imagine que vous avez envie de continuer à jouer toutes les trois, non ?
FK : Oh oui ! Avec Shirel, on a commencé, on avait 11 ans. Aujourd'hui on en a 22. Et c'est vraiment un métier qu'on a envie de continuer à faire en élargissant notre palette de jeu pour nous prouver qu’on en est capables !
AB : Mais vous allez le faire, c’est sûr !
SN : On veut des rôles et films de psychopathes ! (rires)
AB : Moi, je dis pourquoi pas mais la chanson reste ma priorité donc il faut que ce soit pour raconter des histoires fortes. (à Shirel et Fanta) Vous me voyez, vous, rejouer dans un film ?
SN : A fond ! Surtout avec nous. Il faut que tu nous sois fidèle ! (rires) Amel, elle est arrivée en répétition en expliquant qu’elle était hyper stressée et ne savait pas jouer. Et tout de suite, elle jouait mieux que nous. Donc y’a même pas débat, elle va continuer !
Ma frère. De Lise Akoka et Romane Guéret. Avec Shirel Nataf, Fanta Kebe, Amel Bent… Durée : 1h52. Sortie le 7 février 2025.







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