Une fresque sur la mémoire traumatique, des années 1910 à nos jours, construite en flashbacks et flashforwards, dans une ambiance de film d'horreur. Le Prix du Jury cannois mérite qu’on s’y abandonne.
Prix du Jury à Cannes, Les Echos du passé est le type de film qu’on adore ou qu’on rejette grâce au parti pris de sa réalisatrice de faire confiance aux spectateurs, de les laisser se perdre puis déambuler à leur guise dans le travail de fourmi qu’elle a opéré au fil de ses trois années d’écriture, en suivant le fil de son ressenti à l’intérieur du cadre dans lequel elle a circonscrit son récit. Une ferme allemande, dans laquelle on va suivre – en flashbacks et flashforwards – le destin de quatre jeunes filles qui y ont vécu à quatre périodes différentes, des années 1910 à nos jours, en subissant chacune des violences physiques comme morales incessantes. Voilà pour le contexte. Et à partir de là, Les Echos du passé se déploie comme un voyage aussi fascinant que malaisant. Comme si Mascha Schilinski avait ouvert une boîte de Pandore et que soudain surgissait tout ce que ces jeunes femmes malmenées avaient été contraintes de taire.
Le contre-sens aurait été en faire un récit linéaire et scolaire, en prenant soin de bien tricoter chaque histoire. Mascha Schilinski épouse elle cette rage rentrée qui enfin se libère en partant dans tous les sens. On la sent en quête de nouvelles modalités dans la narration cinématographique. À l’écrit bien sûr mais aussi par un travail hallucinant sur le son et sur l’image, personnages à part entière du film. Et c’est cette atmosphère- là qui vous emporte à condition que vous ayez accepté de passer un pacte avec le film. Celui d’être totalement perdu dans ses 30 premières minutes et pas forcément plus avancé dans les 2h suivantes. Chiche ?
De Mascha Schilinski. Avec Hanna Heckt, Lena Urzendowsky, Laeni Geiseler... Durée 2h29. Sortie le 7 janvier 2026







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