Entre enquête et radioscopie, Stefano Sollima transforme le fait divers du “Monstre de Florence” en miroir trouble de toute une société malade.
"Huit doubles meurtres. 17 ans de terreur. Toujours la même arme. Un Beretta calibre 22".
Après Suburra et Sicario: Day of the Soldado, Stefano Sollima plonge dans l’un des faits divers les plus glaçants d’Italie : le Monstre de Florence. Ce tueur en série non identifié serait l’auteur de huit doubles meurtres commis entre 1968 et 1985 en Toscane.
Mais plutôt que de (re)chercher le coupable, le cinéaste dissèque son pays. Le monstre de Florence n’est pas une enquête, c’est une radiographie. Stefano Sollima refuse la thèse unique, multiplie les pistes et éclaire les ombres sans jamais les dissiper. La mise en scène alterne époques et regards comme autant de miroirs brisés dont chaque fragment révèle une vérité partielle. L’étrangeté naît de ce désordre maîtrisé, de ces plans où la Toscane se transforme en terrain mental, hanté par la peur, le patriarcat, l’autorité des familles coupables…
Ce qui intéresse ici, c’est la manière dont Sollima fait dérailler le true crime pour interroger la psyché collective : à Florence comme ailleurs, il n’y a pas un monstre, mais des monstres — tapis dans les institutions, les foyers, les silences ordinaires. Et si le plus inquiétant n’était pas le tueur, mais la société qui l’a enfanté ?
En résulte une série à la fois flamboyante et aride, à la narration parfois un peu trop tordue, mais habitée par une vraie idée de cinéma : faire du doute une forme de vérité.
Le Monstre de Florence, mini-série en 4 épisodes, à découvrir en France le 22 octobre 2025 sur Netflix.







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