Ce premier long métrage de Prïncia Car bouscule les clichés sur les rapports hommes- femmes chez les jeunes des quartiers populaires et révèle une bande de jeunes comédiens épatants.
En 2018, Princia Car a fondé à Marseille une école alternative de cinéma avec l’ambition d’intégrer cet art dans le quotidien de jeunes gens souvent tenus à l’écart de la culture en raison de difficultés économiques ou éducatives. Et l’aventure est d’ores et déjà allée au-delà de ses rêves. Avec ses élèves, elle a fondé sa propre troupe où tout le monde joue et participe à l’écriture des différents projets. Et après un premier court, Barcelona, sélectionné à Clermont-Ferrand en 2019, ils passent au format long avec ces Filles désir, découvert en mai à Cannes à la Quinzaine des Cinéastes. Et dont Prïncia Car a écrit la structure avec la scénariste Léna Mardi avant d’improviser chaque scène avec ses comédiens, rejoints par une nouvelle venue, l’irrésistible Lou Anna Hamon.
On y suit le retour dans la cité phocéenne de Carmen, l’amie d’enfance d’Omar, un moniteur de centre aéré, respecté par tous. Une ex-prostituée qui va faire voler en éclats la petite bande (à 99% masculine) qui l’entoure et tout particulièrement leur rapport jusque là assez primaire au sexe et l’amour. Dopé par l’énergie et l’authenticité de ses interprètes, le film épate par sa manière de déjouer absolument tous les clichés sur les rapports hommes- femmes chez les jeunes de ces quartiers populaires. Ou plus précisément d’en réinventer les codes à travers notamment une sororité inattendue qui se développe entre la petite amie d’Omar et Carmen avec qui ce dernier l’a pourtant trompée, en lieu et place du crêpage de chignons habituel. Des nouvelles voix qui font un bien fou







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