Alors que Lilo & Stitch débarquent en chair et en os au cinéma ce mercredi dans les salles, on fait le top des nouvelles versions en prises de vues réelles produites par le studio ces dernières années.
17. La Belle et le Clochard (2019), de Charlie Bean
Avec Justin Theroux et Tessa Thomson dans les poils des cabots amoureux. Certainement le moins ambitieux de tous les remakes produits jusqu'à présents par le studio. Sorti directement sur Disney+ - en plein confinement - ce remake déjà oublié s’appuie sur des chiens bien réels… doublés par CGI. Visuellement, c'est horrible et sur le fond, c'est particulièrement ennuyeux. Cherchant coûte que coûte à conserver la tendresse du récit d'origine, le film en devient terriblement mièvre et soporifique.
16. Pinocchio (2022), de Robert Zemeckis
Avec Tom Hank en Gepetto. Possiblement l'un des plus mauvais film de Robert Zemeckis, qui n'arrive jamais à justifier l'existence de ce remake. La mise scène est paresseuse et les effets numériques trop pauvres. La marionnette qui rêve de devenir un vrai petit garçon prend vie en live-action de manière insipide. Le film ne parvient ni à innover ni à émouvoir. Et souffre la comparaison avec le Pinocchio de Guillermo del Toro sorti la même année, version en stop motion pour Netflix., qui a su s'affranchir du classique original de Carlo Collodi de façon spectaculaire.
15. Maléfique : Le Pouvoir du Mal (2019), de Joachim Rønning
Avec Angelina Jolie en pas très bonne féé. Une suite dont on aurait pu se passer, sans aucun doute, et qui trouve sa raison d'être dans les 750 millions de dollars de recettes du premier opus. Au moins, le réalisateur norvégien (qui avait fait Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar) a su dépasser le cadre de La Belle au bois dormant pour tenter de chambouler l’imaginaire des contes de fée... sans jamais y parvenir véritablement. Un conte joliment réalisé, mais sans grand intérêt.
14. La Petite Sirène (2023), de Rob Marshall
Avec Halle Bailey en Ariel. Le pari était risqué : les fonds marins forment un univers difficile à adapter en prises de vues réelles, peu propices à l’émotion et au mouvement humain. Contrairement à Cendrillon ou Mulan, dont les récits s’ancrent plus naturellement dans le réel ou l’épique, le monde d’Ariel semble résister au photoréalisme. Si sa jeune actrice vedette, brillante et habitée, sauve le film du naufrage avec une interprétation douce et lumineuse, Marshall échoue à donner du souffle au récit. Sa mise en scène sans relief rend les séquences musicales étrangement figées, presque asphyxiées. Les chansons inédites de Lin-Manuel Miranda tombent à plat, et les costumes – notamment un Javier Bardem en roi Triton risible – n’arrangent rien.
13. Blanche-Neige (2025), de Marc Webb
Avec Rachel Zegler en Blanche-Neige et Gal Gadot en méchant reine. La catastrophe annoncée n'a pas eu lieu. Portée par de bonnes chansons et un bon duo d’actrices, cette version modernisée reprend certains visuels du classique de 1937 (la robe), assume la fantaisie de l’original (la horde d’animaux en numérique, la forêt hantée) et actualise gentiment le film à son époque sans trop de douleur. La principale bonne idée est d’avoir embauché le duo Justin Paul/Benj Pasek - qui ont tricoté les tubes de La La Land et The Greatest Showman - pour composer les nouvelles chansons du film. Même s'il est vrai que les Nains - pardon : les "créatures magiques" - pourront être un gros repoussoir pour le public.
12. Peter Pan & Wendy (2023), de David Lowery
Avec Jude Law en Capitaine Crochet. Entre deux films arty audacieux, le réalisateur s’attaque à un nouveau remake live action pour Disney, après le réussi Peter et Elliott le dragon (lire ci-dessous). Il signe une relecture sobre du classique de 1953. Loin d’un simple projet alimentaire, le film s’inscrit dans la continuité de son œuvre. Mais si la réflexion est là, la magie, elle, manque cruellement. La mise en scène est terne, les jeunes acteurs (la fille de Milla Jovovich en tête d'affiche) peinent à convaincre, et les décors vides accentuent une sensation de flottement permanent. Quelques chansons tentent d’égayer l’ensemble, sans succès. Sans être mauvais, le film reste d’une fadeur déconcertante.
11. Maléfique (2014), de Robert Stromberg
Avec Elle Fanning en princesse Aurore. Une impressionnante relecture du conte de La Belle au bois dormant, rejoué du point de vue de la méchante, où Angelina Jolie livre l'une de ses prestations les plus épatantes, aiguisée, aigüe, saillante. Il lui suffit de trois expressions et d’une démarche bien sentie pour réussir à donner du relief et rendre crédible un personnage qui n’était qu’un croquemitaine iconique sans épaisseur. Si le scénario trop prudent piétine entre tragédie, romance et conte d’émancipation, ce remake s'en sort par sa grande réussite visuelle et esthétique.
10. Le Roi Lion (2019), de Jon Favreau
Avec Donald Glover en Simba et Beyoncé en Nala. Avec 1,7 milliard de dollars de recettes au box-office mondial, c'est l'un des plus gros succès de tous les temps au cinéma. Pourtant, cette adaptation en mode photo-réaliste est loin de la perfection. Trop long, sans véritable intérêt narratif, ce remake vaut d'abord et avant tout pour sa prouesse technique. Du jamais vu auparavant. Aucun animal n’est réel. Simba, Sfar, Mufasa et Nala sont créés en images de synthèse. Et l’excellence des effets spéciaux est juste ébouriffante. On est bluffés par la manière dont le film parvient à doter les animaux d’émotion. Mais ça ne va jamais plus loin.
9. Aladdin (2019), de Guy Ritchie
Avec Will Smith en Génie. Porté par sa superstar débordante d’énergie, tout le film pétille dans une ambiance festive, en surfant sur les chansons emblématiques. Si l'on peine à retrouver la patte Ritchie dans ce gros divertissement coloré aux allures de clip de 2h10, ce remake reste l'un des plus divertissants de la liste. Une pure comédie musicale comme un clin d'oeil à Bollywood.
8. Alice au pays des merveilles (2010), de Tim Burton
Avec Johnny Depp sous le chapeau du Chapelier fou. Plus suite indirecte au conte original que remake du classique de 1951, cette version montre une Alice adulte retournant au pays des merveilles. Le réalisateur gothique injecte son univers et son esthétique cauchemardesque de cartoon dans cette fresque kaléidoscopique inégale, mais qui a le mérite de porter en elle un bon gros grain de folie. Certes, il y a trop d’effets, et peut-être pas assez de magie. L'adaptation est ici plus baroque que poétique. Mais Burton nous en met plein la vue et nous enchante en réussissant à réinventer une aventure déjà mille fois adaptée.
7. Dumbo (2019), de Tim Burton
Avec Danny DeVito en patron de cirque. Le cinéaste signe l’un de ses remakes les plus personnels. Plutôt que de copier le classique animé de 1941, il en réinvente l’essence en recentrant l’histoire sur une famille brisée qui recueille l’éléphanteau aux grandes oreilles. Exit la souris parlante, place à Holt et ses enfants, orphelins eux aussi. L’émotion, la mélancolie et la grâce burtonienne opèrent à travers une animation fluide, respectueuse de l’animalité de Dumbo. Visuellement maîtrisé, le film propose aussi un discours méta réjouissant : un parc d’attractions géant dirigé par un magnat cynique (Michael Keaton) symbolise une industrie du divertissement déshumanisée, que Burton dénonce avec une ironie mordante... chez Disney.
6. Mulan (2020), de Niki Caro
Avec Donnie Yen en Commandant Tung. Peut-être le plus réaliste des remakes Disney. S’éloignant du film animé et de ses éléments fantaisistes, cette version guerrière - passée injustement inaperçue à cause du Covid - a l'audace d'aller au bout de son idée, une fable moderne empreinte d'un féminisme assumé. Un blockbuster à 200 millions de dollars qui sait aussi en mettre plein la vue, avec ses somptueuses chorégraphies habilement filmées, qui inscrivent cette version live-action dans la veine d'un Tigre et Dragon.
5. La Belle et la Bête (2017), de Bill Condon
Avec Emma Watson en Belle et Dan Stevens en Bête. Impossible de dépasser son modèle. Mais ce remake essaye avec classe, assumant une fidélité presque plan par plan au dessin animé de 1991. Les nouvelles chansons et des éléments inédits enrichissent un film qui tente d'accomplir l'impossible : enchanter le réel, y faire surgir en chair et en os des rêves d'animation. Le résultat est aussi plaisant qu'une comédie musicale Disney sur scène, en vrai, où des acteurs font du cosplay avec talent et énergie.
4. Cendrillon (2015), de Kenneth Branagh
Avec Cate Blanchett en belle-mère horrible. Le conte - maintes fois passé à la moulinette d'Hollywood - met Lily James dans la citrouille transformée en carrosse. Le réalisateur oscarisé livre ici une version élégante et fidèle du conte, sans trop de prise de risques mais avec beaucoup de classe. Les décors somptueux et les costumes signés Sandy Powell contribuent grandement à la réussite de ce remake qui assume son classicisme et son côté conte de fée, trouvant ainsi dans cette sincérité une véritable émotion.
3. Peter et Elliott le dragon (2016), de David Lowery
Avec Robert Redford en grand-père conteur. Le réalisateur surdoué des Amants du Texas et de A Ghost Story prend ses distances avec la version d'origine. Pensé comme une réinvention qui se connecte au style Amblin, son remake n'a gardé que l'idée de base : un petit garçon est ami avec un grand dragon. Moins flamboyant que d'autres productions Disney, le film surprend par sa chaleur, sa sincérité et sa douceur, soulignée par une mise en scène sobre. La relation entre Pete et son dragon en devient vraiment touchante. Parce que Lowery injecte de l'humanité dans chaque scène, avec un équilibre rare entre magie et réalisme.
2. Cruella (2021), de Craig Gillespie
Avec Emma Stone en Estella De Vil. Plus un préquel qu'un remake ! Avant que celle-ci ne devienne la fameuse méchante tueuse de chiots, elle est incarnée à la perfection par l'actrice oscarisée, qui livre une composition irrésistible en anti-héroïne envoûtée par la mode et la vengeance. Dans la droite lignée de l'emballant Moi, Tonya, Gillespie s'est régalé à mettre en scène cette Cruella haute en couleurs dans un conte explosif. Son enthousiasme traverse l'écran grâce à une direction artistique déjantée et une ambiance punk rock dans le Londres des années 70, qui a su bousculer les codes du classique Disney.
1. Le Livre de la jungle (2016), de Jon Favreau
Avec Bill Murray pour faire Baloo. Tout simplement bluffant. Un remake enthousiasmant aussi bien sur le plan visuel qu’émotionnel. Avant de faire son Roi Lion, Favreau a testé la technique avec succès dans cette fusion impressionnante de CGI et de narration classique. Plus encore que les autres, sa version live de Mowgli réussit à capturer la magie de l'original tout en offrant une expérience visuelle inédite et totalement immersive. La mise en scène réaliste donne une véritable majesté à la jungle et le film parvient à insuffler une nouvelle vie au conte de Kipling sans trahir son héritage. Peut-être la preuve que ces remakes en live action peuvent avoir une âme.







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