Frances McDormand et Chloé Zhao sur le tournage de Nomadland
Frances McDormand et Chloé Zhao sur le tournage de Nomadland / Searchlight Pictures

La cinéaste est devenue la seconde femme à être sacrée meilleure réalisatrice aux Golden Globes.

En 1984, Barbra Streisand rentrait dans l’histoire en devenant la première femme à recevoir le Golden Globe du meilleur réalisateur pour Yentl. Il aura donc fallu attendre 37 ans pour qu’une autre cinéaste soit distinguée par la Hollywood Foreign Press Association. Et c’est donc Chloé Zhao, avec Nomadland, qui a eu cet insigne honneur. 

Ce prix vient récompenser l’irrésistible ascension de cette cinéaste chinoise de 38 ans, révélée à Sundance et à Cannes dès son premier long-métrage, Les Chansons que mes frères m'ont apprises (2015). Deux ans plus tard, elle est à nouveau conviée à la Quinzaine des réalisateurs et reçoit un prix pour son second film, The Rider, qui sera également récompensé à Deauville. 

En attendant la sortie de Nomadland en France, espérée le 21 avril prochain, Chloé Zhao ne chôme pas. Alors qu’elle a réalisé The Eternals pour Marvel, elle travaille déjà sur un nouveau projet autour du personnage de Dracula pour Universal. En janvier dernier, elle avait répondu aux questions de Première :

Golden Globes 2021 : Les grands gagnants en cinéma sont Jodie Foster, Chadwick Boseman, Chloé Zhao, Soul, Borat 2...

Nomadland suit une sexagénaire qui, victime de la crise, prend la route au volant de son van où elle va vivre en nomade. Comment naît l’envie de porter cette histoire à l’écran ?

J’ai toujours eu envie de réaliser un road-movie. Or, après la sortie de The Rider, j’ai reçu un appel de Frances McDormand qui m’a expliqué avoir acquis les droits du livre de Jessica Bruder, Nomadland : Surviving America in the Twenty-First Century et m’a suggéré de le lire pour savoir si cela m’intéresserait de le porter à l’écran. J’ai eu le même coup de coeur qu’elle pour cet incroyable travail de journalisme d’investigation sur ceux qui ont choisi une vie nomade, après avoir perdu le peu qu’ils avaient.

Pourquoi avoir décidé de traiter ce sujet par la fiction et non par le documentaire ?

C’est le pouvoir de la fiction qui m’a poussée à faire des films. J’ai naturellement besoin de passer par elle pour apporter de la poésie à un récit et parce qu’elle permet naturellement de créer différentes portes d’entrée à ce récit. Mon but n’est pas de délivrer un commentaire social sur l’état de l’Amérique mais d’entrer dans le monde des nomades et de partager cela le mieux possible avec les spectateurs.

Aviez-vous des références de films en tête en vous lançant dans un road-movie à travers les États-Unis ?

Non, pas plus que de photos. Avec Joshua James Richards qui a signé la lumière de tous mes films, notre but était de retranscrire la manière dont ces nomades voient ces paysages à perte de vue qu’ils traversent. Et donc de les détacher précisément des représentations de carte postale.