Monuments Men
Twentieth Century Fox

Le film de guerre au casting 5 étoiles revient ce soir sur France 4.

A l'occasion de la rediffusion de Monuments Men à la télévision (rendez-vous sur France 4 à 21h05), nous repartageons une interview de l'acteur-réalisateur George Clooney et de ses comédiens Matt Damon et Jean Dujardin. Première avait rencontré l'équipe en 2014, juste avant la sortie de ce film de guerre au pitch intéressant : En pleine Seconde Guerre mondiale, sept hommes qui sont tout sauf des soldats – des directeurs et des conservateurs de musées, des artistes, des architectes, et des historiens d’art – se jettent au cœur du conflit pour aller sauver des œuvres d’art volées par les nazis et les restituer à leurs propriétaires légitimes.
Flashback.

George, quand Jean Dujardin a parlé de Monuments Men à Première, pour la première fois il y a environ un an, il l’a décrit comme « la rencontre entre Ocean’s Eleven et Les Sept Mercenaires ». Ca vous va comme définition ?
George Clooney : Plutôt, oui. Quand on écrivait le film, Grant Heslov et moi avions de toute façon pas mal de références en tête. Surtout des classiques du film de guerre comme Les Canons de Navarone, Un pont trop loin... Et avec les acteurs, on a passé tout le tournage à fredonner le thème de La Grande Évasion ! (Rire.) À l’origine de Monuments Men, il y a clairement l’envie de retrouver l’esprit de ces films qu’on adorait quand on était gosses.

Qu’est-ce qu’il y avait dans ces classiques que les films d’aujourd’hui n’ont plus ?
Matt Damon : Aux États-Unis, après la guerre du Vietnam, le genre est devenu cynique. George et Grant étaient très clairs sur le fait qu’ils voulaient faire un film contemporain, certes, mais qui aurait tout aussi bien pu être tourné dans les années 50. Pour un comédien, c’est important de travailler avec un réalisateur aussi précis que ça dans ses intentions et avec qui on peut partager un certain nombre de références. Au moins, on sait où on va.

George, quand vous avez lu le livre The Monuments Men, avez-vous d’abord réagi en tant que scénariste, que réalisateur ou qu’acteur ? Autrement dit, quelle est la motivation première ? Raconter cette histoire, la mettre en scène ou l’incarner ?
George : C’est difficile à dire... Je pense que je raisonne toujours instinctivement en tant que réalisateur, tout simplement parce que c’est la partie la plus créative et la plus stimulante du job. J’ai tout de suite vu les incroyables potentialités qu’offrait ce livre en termes de cinéma – rendre hommage aux classiques dont on parlait à l’instant, remplir le film de stars... C’était très séduisant. Après, quand on entre dans le vif du sujet, les premières questions qu’on se pose sont d’ordre scénaristique. J’ai pris quelques libertés avec les faits historiques, changé les noms des protagonistes... J’écrivais avec les acteurs en tête, ce qui change beaucoup de choses. Il n’y avait pas de Monument Man français dans le livre, par exemple, mais j’en ai inventé un parce que je voulais absolument travailler avec Jean. Enfin, travailler... Je voulais surtout le faire mourir dans d’atroces souffrances parce qu’il a gagné un Oscar ! (Rire.)

Et une fois le scénario écrit, vous êtes allé voir vos amis pour les convaincre de partir en mission avec vous. Comme votre personnage dans le film...
Matt : Il faut quand même que vous sachiez que tous les acteurs ne sont pas logés à la même enseigne. Cate Blanchett, elle, a eu droit à un traitement de faveur. George a fait un voyage express en Australie afin de lui remettre le scénario... Moi, j’ai juste reçu un mail. Une ligne : « Tu fais quoi au printemps prochain ? »
George : N’empêche que tu as dit oui. Le soir même ! Avec Jean, en revanche, ça a été beaucoup plus compliqué, comme vous devez vous en douter...
Jean Dujardin : J’étais en vacances, je lui ai dit de laisser tomber...
George : (Imitant Dujardin.) « George, I am very busy. I am an Academy Award winner, you know... »

Jean Dujardin : "Le tournage de Monuments Men, c'est une gigantesque salle de jeux, avec des journées à un million de dollars"

De film en film, vous perpétuez tous cette idée qu’il est plus facile de faire du cinéma entouré de ses potes.
Matt : Mais c’est vrai ! Sur un plateau, on peut perdre énormément de temps à faire de la diplomatie. Toutes ces conversations sans fin qu’on a pour se ménager les uns les autres et qui ne résolvent jamais aucun problème... Avec tes amis, tu peux dire : « Ca, ça craint » ou : « Va plus vite » sans qu’aucune susceptibilité n’entre en jeu. On perd moins de temps et le résultat est meilleur.
George : Il faut aussi prendre en compte le fait qu’on passe en gros quatre mois sur un tournage. Et à mon âge, quatre mois, c’est précieux ! (Rire.) Je connais Matt depuis une quinzaine d’années et on partage le même credo : la vie est trop courte. Trop courte pour perdre du temps avec des gens qui ne prennent pas de plaisir à faire leur job.
Matt : « La vie est trop courte. » C’est sur Ocean’s Eleven que George et Soderbergh m’ont converti à cette règle d’or. Depuis, je choisis tous mes films en fonction de ça. Si un réalisateur a la réputation d’être un tyran, si le tournage s’annonce cauchemardesque, non merci. Ce sera sans moi.
George : À part ça, Jean, comment trouves-tu le français de Matt ? Il est si mauvais que ça ?
Jean : (Citant une réplique que Damon dit en français dans le film.) « La terre, c’est noble à travailler. »

Justement... D’où vient cette blague récurrente dans le film à propos de l’accent pourri de Matt en français ?
Matt : Aucune idée, c’était dans le script ! Mais il faut que je rende hommage à Alexandre Desplat (le compositeur de la BO partage quelques scènes avec Damon). C’est lui qui m’a appris à dire mes répliques avec le pire accent qu’on puisse imaginer.

Jean, pour de vrai, qui parle le plus mal français dans la bande ?
George : Il va répondre que c’est moi.
Jean : Non, c’est pas vrai, tu sais dire « cochon »...
Interview Frédéric Foubert