Date de sortie 14 juillet 2020
Durée 100 mn
Réalisé par Philippe Garrel
Avec Logann Antuofermo , Oulaya Amamra , Souheila Yacoub
Scénariste(s) Philippe Garrel, Arlette Langmann, Jean-Claude Carrière
Année de production 2020
Pays de production France, Suisse
Genre Drame
Couleur Noir et blanc

Synopsis

Les premières conquêtes féminines d’un jeune homme et la passion qu’il a pour son père. C’est l’histoire d’un jeune provincial, Luc qui monte à Paris pour passer le concours d’entrée à l’école Boulle. Dans la rue, Il y rencontre Djemila avec qui il vit une aventure. De retour chez son père, le jeune homme retrouve sa petite amie Geneviève alors que Djemila nourrit l’espoir de le revoir. Quand Luc est reçu à l’école Boulle, il s’en va pour Paris abandonnant derrière lui sa petite amie et l’enfant qu’elle porte…

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le Guide des Sorties du 14-15 juillet 2020

Ce qu’il faut voir cette semaine.

Le sel des larmes : Le romantisme est absolu [Critique]

Philippe Garrel signe un film d’une puissance foudroyante sur un homme en quête de cœurs.

Critiques de Le Sel des larmes

  1. Première
    par Thomas Baurez

    Dans le cinéma de Philippe Garrel, quelque chose échappe au temps qui passe. Le noir et blanc sur celluloïd détache le réel des impératifs de son décor. Le Paris Nouvelle Vague résiste aux assauts du contemporain. Les portes des appartements, les rampes d’escalier, les entrées d’immeuble, les bouts de zinc n’ont pas bougé. Chaque plan, dépouillé du superflu, semble, comme chez Bresson, arraché au monde. Auteur romantique – assurément le plus grand en activité –, Garrel interroge les âmes, sonde les rapports entre les êtres, questionne le sentiment amoureux. Ici, débarque de sa province Luc, pour passer un examen (les personnages chez Garrel sont toujours en devenir). Il rencontre Djemila à un arrêt de bus. Ils se suivent, s’aiment. Luc retourne d’où il vient. Puis il y aura Geneviève et Betsy. Luc n’est pas spécialement volage, il est indécis avec un cœur d’artichaut. Lâche aussi. En périphérie, il y a aussi le père, un ébéniste que l’on découvre polissant un cercueil (« Je suis le dernier à faire ça ! »). Bientôt, celui-ci occupera le centre et même tout le cadre le temps d’un gros plan émouvant que l’on ne sait pas encore prémonitoire (André Wilms a la lourde charge de « remplacer » Maurice Garrel ; il est formidable). Le Sel des larmes arrive après L’Ombre des femmes et L’Amant d’un jour. Les titres se suffiraient presque à eux-mêmes. On pourrait les permuter. Une chose est sûre, ils ne mentent pas. C’est peu dire que ce cinéma-là – et ce film en particulier – est d’une puissance foudroyante. On pourra dire qu’en 2020, les images avaient le goût de ces larmes.