2) Point Break (1991)
Warner

Le duo culte Keanu Reeves- Patrick Swayze est à l’honneur ce soir de « Place au cinéma » sur France 5, présenté par Dominique Besnehard

Quand Kathryn Bigelow succède à Ridley Scott

Parfois les meilleures idées naissent sur une plage… C’est en bullant sur le sable que Rick King dévore un article de L.A. Weekly, expliquant pourquoi Los Angeles était la ville la vile qui détenait le record de cambriolages de tous les Etats- Unis. Il se met alors à imaginer un sujet de film autour du cambriolage d’une banque par une bande qu’infiltrerait un agent du FBI. Au départ, il pense à une bande de skateurs puis opte finalement pour une bande de surfeurs. Celle dans laquelle va se glisser Johnny Utah, son héros, jeune inspecteur aussi inexpérimenté que naïf. King développe cette première version à la fin des années 80 et en propose la réalisation à Ridley Scott qui vient d’enchaîner Blade Runner, Legend, Traquée et Black rain. Mais celui- ci décline et préfère aller tourner Thelma et Louise. Une nouvelle bande de producteurs rejoint alors King et parmi eux, un certain James Cameron qui a une idée très précise de celui ou plutôt de celle qui serait la mieux à même de mettre en images ce projet : son épouse, Kathryn Bigelow, qui vient de terminer Blue steel. Et le tandem s’évertuera – sans en être crédités – à réécrire le scénario à leur main.

Un rôle très disputé

Pour camper Johnny Utah, Rick King opte d’abord pour Charlie Sheen qui vient alors tout juste de tenir un rôle similaire d’officier de police infiltré dans un gang de voleurs de voitures dans 260 chrono de Peter Werner. Mais quand Ridley Scott quitte le projet, tout repart de zéro, côté casting. Et là c’est Matthew Broderick, le Ferris Bueller de John Hughes qui tient la corde. Sauf que celui- ci décline. Johnny Depp et Val Kilmer viennent passer les auditions. Sans succès. Patrick Swayze qui sort du carton de Ghost est aussi envisagé mais décroche finalement l’autre rôle principal : le surfeur Bodhi. Et si aucun de ces noms- là ne devient donc Johnny Utah, c’est parce que Kathryn Bigelow a une idée très précise de qui elle veut. Un comédien qui, jusque là , n’avait tourné aucun film d’action et à l’affiche la même année de My own private Idaho de Gus van Sant. Un certain Keanu Reeves qui avait déjà partagé l’affiche d’un film avec Patrick Swayze : Youngblood en 1986. Certains critiques prédisent que ce pas de Keanu vers du pur cinéma de divertissement va tuer dans l’œuf sa carrière d’acteur de cinéma d’auteur. Il n’en sera évidemment rien.

Une suite tuée dans l’oeuf

Produit pour 24 millions de dollars, Point break en rapporte plus de 90 millions à travers le monde. Logiquement la Fox fait développer le scénario d’une suite et entame même la phase de préparation. Avant finalement de renoncer… Et il faudra attendre 2015 pour voir Point break réapparaître sur grand écran, non via une suite mais par le biais d’un remake. Ericson Core (Invicible) y porte à l’écran un scénario de Kurt Wimmer (qui avait trois ans plus tôt signé le script d’un autre remake, Total recall), avec Luke Bracey (GI Joe : Conspiration) et Edgard Ramirez (Carlos) dans les deux rôles mythiques de Johnny et Bodhi. Mais le public ne répond pas présent. Point break version 2015 ne totalise que 28 millions de dollars de recettes à travers le monde… pour un budget de 105 millions. L’original l’emporte par KO !

A lire aussi sur Première