The Final Shot
Netflix

Plus court, moins romanesque, moins spectaculaire, ce documentaire consacré au quadruple champion NBA n'en demeure pas moins frissonnant, si vous aimez le basket.

Voir Maître Gims chanter son tube "La même" (en duo avec Vianney) devant un David Robinson médusé, c'est le genre d'image surréaliste qu'on adore voir dans un docu Netflix et que la caméra de Florent Bodin a réussi à subtiliser, un soir de 2019. Nous sommes dans la demeure gargantuesque de Tony Parker, et la star NBA vient d'inviter 250 "proches", pour fêter le retrait de son célèbre numéro 9, désormais accroché pour l'éternité au toit du AT&T Center des San Antonio Spurs. Un moment fort et marquant de la carrière du plus grand joueur de l'histoire du basket français, retracée avec émotion par TP lui-même, dans The Final Shot, sorti cette semaine sur la plateforme.


Une nouvelle plongée dans le milieu de la belle orange, qui, forcément, souffre de la comparaison avec The Last, Dance, la fabuleuse série ESPN consacrée au mythe Michael Jordan et diffusée l'an dernier par Netflix en France. Plus grand (10 heures contre 1h30 pour The Final Shot), plus dingue, plus fouillé aussi, The Last Dance décortiquait la légende par tous les bouts de la lorgnette, pour offrir une toute nouvelle perspective sur un Dieu vivant. 

Tony Parker n'est pas Michael Jordan, et de fait, le doc sur sa vie, son oeuvre, n'a pas la même portée, ni la même ambition. Il aurait d'ailleurs tendance à pencher parfois vers une dithyrambe un peu naïve. Et puis en 90 minutes, le film n'a pas le temps de s'attarder réellement sur les grands matchs de sa carrière, ceux qui ont vraiment transformé le petit Frenchie en TP. Il ne parvient pas à raconter de manière romanesque les accomplissements du joueur, quand The Last Dance réussissait à se muer en une oeuvre quasi-cinématographique avec une pluie d'images d'archives folles. Un peu frustrant pour les fans de basket.

Malgré tout, The Final Shot réussit admirablement à montrer la force de caractère du garçon, qui, dès son plus jeune âge, a fait preuve d'une détermination hors du commun. Avec des vidéos incroyables de ses premières années balle en main, à Fécamp puis à l'Insep, on découvre un gamin pétri de talent et "drivé" comme personne. Un basketteur en herbe brillant, sur et en dehors du terrain, qui a construit un palmarès extraordinaire, une carrière "so successful" qui force le respect, jusqu'à sa récente reconversion en Président de l'Asvel, en France.

The Final Shot kobe
Netflix

The Final Shot offre aussi un bel aperçu de Tony Parker côté intime, avec les commentaires de ses proches amis (dont Thierry Henri ou Teddy Riner), aux côtés de ses enfants, et avec sa femme Axelle (dont il s'est séparé depuis). Le doc nous fait pénétrer dans son petit chez lui, une propriété hors norme, avec sa salle de basket privée, son propre parc aquatique où patauger avec les gamins, et une chambre forte dédiée à ses trophées... Et si TP raconte lui-même son parcours de winner au fil du documentaire, la grande force de The Final Shot, c'est d'avoir eu accès à une foule de stars. Françaises (Zinédine Zidane ou Killian Mbappe disent un petit mot) mais surtout américaines. La "Spurs Family" répond présent avec Tim Duncan, David Robinson, Manu Ginobili et bien-sûr Gregg Popovich. Mais d'autres légendes de la NBA ont des choses intéressantes à dire sur le génie tricolore, à commencer par Kobe Bryant, que Florent Bodin a pu interroger longuement, quelques semaines avant sa mort. Un hommage posthume à TP qui restera certainement comme le temps fort de The Final Shot.