Oppenheimer
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Le cinéaste revient sur ce point qui a provoqué un débat initié par d’autres personnalités du cinéma.

Il y a un mois, le réalisateur Spike Lee (Do the Right Thing, Malcolm X, BlacKkKlansman) a soulevé le fait que le biopic Oppenheimer de Christopher Nolan ne traitait absolument pas le point de vue japonais du désastre atomique. Le film raconte l’ascension et la chute de J. Robert Oppenheimer (Cillian Murphy), un physicien américain surnommé “le père de la bombe atomique”. Il est le leader du projet Manhattan et le concepteur de l’arme atomique qui a été lâchée sur Hiroshima et Nagasaki à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. 

Spike Lee précise qu’il a beaucoup aimé le film de Nolan mais qu’il aurait dédié quelques minutes du film pour montrer le sort des Japonais. Dans une longue interview accordée à Variety, Christopher Nolan justifie son choix narratif : “Le film présente la vision subjective d’Oppenheimer. Mon intention a toujours été de m’y tenir rigoureusement. Oppenheimer a appris les bombardements en même temps que le reste du monde à la radio”, explique-t-il.

Oppenheimer sera le premier film R-Rated de Christopher Nolan depuis...
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Je voulais montrer un personnage qui commençait à avoir une vision plus claire des conséquences involontaires de ses actes. C’était autant à propos de ce que je ne montrais pas que de ce que je montrais”, précise-t-il. Le réalisateur s’est appuyé sur la biographie American Prometheus pour tenter de cerner au mieux la personnalité trouble et complexe d’Oppenheimer. Le physicien n’a jamais publiquement condamné les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, un comportement qui fait encore débat aujourd’hui. 

Nolan exprime sa réflexion sur ce comportement ambigu : “Ma recherche et mon engagement dans cette histoire me disent que si l’on cherche une réponse simple on nie beaucoup de faits. Evidemment, il aurait été mieux pour le monde entier que cet événement n’arrive jamais. Mais tout ce qui touche autour de l’opinion sur le bombardement dépend de l’individu qui répond à la question. Quand vous parlez à quelqu’un dont un parent a combattu dans le Pacifique, vous obtenez une réponse. Quand vous regardez l’impact dévastateur à Hiroshima et Nagasaki, vous en avez une autre.

Le cinéaste précise qu’il souhaite avant tout provoquer la discussion avec son film, plutôt que donner des réponses : “Le film est une tentative honnête d’exprimer mes sentiments à propos de ce sujet”, conclut-il.

Oppenheimer : Spike Lee aurait aimé "quelques minutes sur le sort des Japonais"

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