Luca
Pixar

Le nouveau Pixar, qui raconte l’amitié de deux garçons-poissons qui se font passer pour des humains sous le soleil de l’Italie, débarque le 18 juin Disney+ et sera projeté dès ce jeudi soir au Festival international du film d'animation d'Annecy.

Un exercice de style sur la mer
Des personnages très cartoon qui jouent dans une mer titanesque, dont l’animation a dû faire cramer tous les serveurs de Pixar… Pourtant, le réalisme aquatique n’est pas le but du film. « Notre but était de s’éloigner au maximum du réalisme. On voulait retirer le superflu pour aller à l’essentiel. C’est ça l’esthétique du film : nous ne voulions pas que l’univers soit trop riche », affirme la productrice Andrea Warren. « Nous avons beaucoup stylisé la façon dont bougent les vagues, ou les gerbes d’eau. Nous voulions que ça ressemble à une peinture. Il y a une grosse influence de l’animation 2D ou du stop motion », explique Enrico. Andrea conclut : « Luca, ce n’est pas réaliste : ce n’est pas une photo de la mer, mais le souvenir de la mer, en quelque sorte. »

Une leçon sur les clichés
Au menu, l’Italie ensoleillée, des pâtes, des pizzas, le rêve d’une Vespa… Et dans les 30 minutes du film que nous avons vues, un personnage s'exclame « Santa Mozzarella ! ». Vous imaginez un personnage français crier « Par tous les camemberts ! » ? Ça fait plutôt marrer Enrico, Génois de naissance, qui a nourri Luca de ses souvenirs de gamin : « Tu recherches des trucs marrants qui reviennent de ton enfance. Il faut faire gaffe à ne pas truffer le film avec ce genre de choses. Il y a un équilibre à trouver… mais vous seriez surpris du nombre de gens dans l’équipe qui voulaient qu’on mette encore plus de jurons comme ça ! »

Le Pixar de la discorde
En off, la mise en streaming de Luca pour cause de Covid ne semble pas vraiment plaire à toute son équipe. « Luca ne sort même pas en tarif premium. Est-ce que ça veut dire qu’il est inférieur ? C’est dur à avaler », déplore un anonyme, interrogé par le site Insider fin avril. « On ne veut pas se contenter d’être un titre de Disney+ », regrette un autre collaborateur qui dit le film est « conçu pour le grand écran ». Une grogne qui n’est pas générale, mais qui fait écho au ressenti de Pete Docter quand il a qualifié en janvier la sortie de Soul sur Disney+ de « coup de poing dans le ventre ». On verra bien si Turning Red et Lightyear, les Pixar de 2022, auront droit aussi au traitement DTV de luxe…