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Cette semaine au cinéma, Terrence Malick filme Hollywood, Pixar présente des gentils dinos et François Damiens est un Cowboy.

Choix n°1 : Knight of Cups de Terrence Malick avec Christian Bale...

Synopsis : Il était une fois un jeune prince que son père, souverain du royaume d’Orient, avait envoyé en Égypte afin qu’il y trouve une perle. Lorsque le prince arriva, le peuple lui offrit une coupe pour étancher sa soif. En buvant, le prince oublia qu’il était fils de roi ; il oublia sa quête et sombra dans un profond sommeil.Le père de Rick lui lisait cette histoire lorsqu’il était enfant. Aujourd’hui, Rick est devenu auteur de comédies et vit à Santa Monica. Il aspire à autre chose, sans savoir réellement quoi, et se demande quel chemin prendre.La mort de son frère Billy le hante. Joseph, son père se sent coupable de cette mort. L’autre frère de Rick, Barry, est au plus bas. Il vient de quitter le Missouri où ils ont grandi pour s’installer à Los Angeles. Rick l’aide à reprendre pied.Rick cherche à se distraire en compagnie des femmes : Della ; son ancienne femme Nancy, qui est médecin ; Helen, un mannequin ; Elizabeth, qui est enceinte de lui ; une strip-teaseuse nommée Karen ; et une jeune femme qui l’aide, Isabel.Ces femmes semblent en savoir plus long que lui. Elles lui permettent de se rapprocher du cœur des choses, jusqu’à espérer atteindre le mystère. Rick n’a pas collectionné que des réussites. Les fêtes, les rencontres sans lendemain, sa carrière… Rien de tout cela ne le satisfait. Et pourtant, chaque femme, chaque homme qu’il a croisé dans sa vie lui a servi d’une façon ou d’une autre de guide, de messager.À présent, la route de l’Orient s’ouvre à lui. Rick se mettra-t-il en chemin ? Aura-t-il assez de courage ? Saura-t-il rester éveillé ? Ou tout cela ne restera-t-il qu’un rêve, un espoir, une lubie éphémère ?Le voyage vient de commencer.

L'avis de Première : Certains seront déconcertés par le caractère radical du projet qui n’offre ni personnages, ni histoire auxquels se raccrocher. Knight of Cups est un voyage mental où une caméra en apesanteur humanité sans pareille où la raillerie le film événement traverse les lieux sans s’attarder et où Christian Bale a l’évanescence d’une projection astrale, revisitant des scènes de son passé amoureux ou familial tel un fantôme errant. Plus d’une fois, on pense au héros de La Jetée de Chris Marker, apparaissant et disparaissant à différents moments. Malick conçoit un cinéma d’une humanité sans pareille où la raillerie et le cynisme n’ont pas leur place. Si l’univers dans lequel évolue son héros est une illusion (Hollywood, Las Vegas, ses fêtes, ses créatures, son vide), Malick sait combien la beauté du monde se niche aussi dans cette illusion. Qui mieux que lui pour filmer la pyramide et le sphinx en toc de l’hôtel Luxor de Vegas, ou un sosie d’Elvis Presley, avec le même émerveillement que s’il était devant les vrais ? (Lire la suite ici)

Bande-annonce : 

Choix n°2 : Les Cowboys de Thomas Bidegain, avec François Damiens...

Synopsis : Une grande prairie, un rassemblement country western quelque part dans l'est de la France. Alain est l'un des piliers de cette communauté. Il danse avec Kelly, sa fille de 16 ans sous l'œil attendri de sa femme et de leur jeune fils Kid. Mais ce jour-là Kelly disparaît. La vie de la famille s'effondre. Alain n’aura alors de cesse que de chercher sa fille, au prix de l'amour des siens et de tout ce qu'il possédait. Le voilà projeté dans le fracas du monde. Un monde en plein bouleversement où son seul soutien sera désormais Kid, son fils, qui lui a sacrifié sa jeunesse, et qu'il traîne avec lui dans cette quête sans fin.

L'avis de Première : Le premier long métrage du scénariste Thomas Bidegain (coauteur d’Un prophète, de Jacques Audiard) est évidemment un remake de La Prisonnière du désert, de John Ford,dans une version terrorisme contemporain. Sujet casse-gueule, traitement mélancolique, mutique, flippant, un peu comme une variation française, populaire et étouffée, de Zero Dark Thirty (mais sans les US Navy SEALs !)... L’année de Dheepan, de Jacques Audiard, et deMade in France, de Nicolas Boukhrief, Les Cowboys, le moins ouvertement politisé des trois, complète cette "trilogie" post-Charlie. Traversé de visions noires et impressionnantes,Les Cowboys est un film de cinéphiles qui dessine implicitement une frontière invisible mais certaine entre les initiés et les non-initiés. C’est néanmoins une vraie réussite ! 

Bande-annonce : 

Choix n°3 : Le Voyage d'Arlo de Peter Sohn

Synopsis : LE VOYAGE D’ARLO vous transportera dans une extraordinaire épopée, au milieu de paysages sauvages et grandioses avec des personnages aussi drôles qu’attachants et une émotion à fleur de peau.

L'avis de Première : On sort du Voyage d'Arlo rassurés sur un point : le film va faire un triomphe auprès des familles à l'approche des fêtes. Pensez : l'histoire d'un ado dino (adosaure ?) timide et peureux, séparé des siens, qui va devoir retrouver sa maison avec l'aide d'un petit homme sauvage. Et à l'arrivée devenir un dinosaure adulte fort et courageux après une série d'épreuves et de rencontres. Rarement on a vu chez Pixar film aussi droit-au-but, aussi direct et évident. Bien sûr, techniquement, c'est l'hallucination : le photoréalisme des décors est tout bonnement dingue, on a réellement l'impression que la caméra se balade dans les forêts des Appalaches, le contraste avec les personnages cartoon et souples est fort mais plutôt réussi, c'est ce que Scott McCloud appelle l'effet « shadowing » et c'est pour mieux s'identifier aux héros. Mais on ne demande pas du réalisme fou à un film d'animation. Pas que. On lui demande du style. Créer une flaque d'eau reflétant le soleil en 3D est certes un coup de maître, mais ils auraient pu s'épargner la peine et en filmer une vraie car la caméra ne s'autorise que très rarement des coups de folie, des effets d'échelle impossibles à faire dans la réalité. La baffe technique d'Arlo est aussi sa limite. (Lire la suite ici)

Bande-annonce : 

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