Titre original The State Against Mandela and the Others
Date de sortie 17 octobre 2018
Durée 103 mn
Réalisé par Gilles Porte, Nicolas Champeaux
Scénariste(s) Nicolas Champeaux, Gilles Porte
Distributeur UFO Distribution
Année de production 2018
Pays de production France
Genre Film documentaire
Couleur Couleur

Synopsis

Nelson Mandela aurait eu 100 ans en 2018. Il s’est révélé au cours d’un procès historique qui a duré 9 mois (1963-1964). Mais il n’était pas seul : sept co-accusés (cinq Noirs, un Blanc, un Indien) ont été condamnés avec lui au bagne à perpétuité. Pour faire revivre ce "procès du siècle", jamais filmé, le journaliste Nicolas Champeaux (ex-RFI) et le cinéaste Gilles Porte ont puisé dans 256 heures d’archives sonores numérisées et restaurées par l’INA en 2016 à la demande de l’Afrique du Sud. Un film constitué également d’images d’archives, de séquences d’animations et de témoignages d’anciens compagnons de Nelson Mandela restés plus d’un quart de siècle en prison...

Infos de la rédaction

Ce film est présenté en séance spéciale lors du 71è Festival de Cannes (2018).

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Le Procès contre Mandela et les autres - affiche
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Winnie Mandela

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Critiques

  1. Première
    par Sophie Benamon

    Entre octobre 1963 et juin1964, s’est tenu le procès de Rivonia en Afrique du Sud. Les accusés : Nelson Mandela et les leaders de l’ANC–le parti anti-apartheid- et ceux qui les aidaient. Ces hommes, des noirs, des blancs, un indien, risquaient la mort. Ils ont tenu tête contre le racisme d’Etat. Six d’entre eux seront condamnés à la prison à perpétuité. Ils ne recouvreront la liberté que 36 ans plus tard. De ces heures de réquisitoires et d’interrogatoires, il n’y a aucune image, mais l’intégralité des actes a été enregistrée. Ce sont ces archives audio miraculées des années Apartheid qui arrivent pour la première fois à nos oreilles. Outre le fait d’exhumer ce document historique, c’est la manière dont le font les réalisateurs Gilles Porte et Nicolas Champeaux (ancien correspondant de RFI, spécialisé dans l’Afrique du Sud) qui est admirable. Le récit du procès est illustré par de magnifiques animations signées Oerd. Elles donnent l’impression d’avoir été griffonnées à la craie noire ramassée sur le sol d’une prison. Très stylisés, les dessins virent parfois à l’abstraction, conférant un lyrisme étonnant aux propos. Et puis, il y a les témoignages des survivants. Réagissant aux paroles surgies du passé qu’ils écoutent au casque devant nous, ces vieillards livrent leur version intime de l’histoire. Forcément bouleversante. Quelle bonne idée aussi de donner la parole aux fils et aux épouses, victimes collatérales de l’engagement de leur proche. Rarement la résistance n’aura eu visage plus significatif que celui d’un fils séparé trente ans de son père. Le film remet le collectif en avant, là où le régime anti apartheid avait focalisé la responsabilité d’une cause sur un homme (Mandela). Mais c’est ensemble que les accusés de Rivonia avaient décidé de laisser Mandela s’exprimer par un discours –devenu célèbre. Les réalisateurs donnent à entendre sa voix à de jeunes sud-africains d’aujourd’hui, noirs et blancs. L’émotion est grande.