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Ce qu’il faut voir ou pas en salles cette semaine.

L’ÉVÉNEMENT

LIVE BY NIGHT ★★★★☆
De Ben Affleck

L’essentiel
Avec cette adaptation habile et resserrée du foisonnant roman de Dennis Lehane, Ben Affleck livre un polar modèle.

Argo était un drôle de film. Ben Affleck infusait ses petites obsessions dans ce qui ressemblait plus à un caprice de décorateurs et de costumiers qu’à un vrai film d’auteur, loin, très loin, du sublime Gone Baby Gone. Après l’Oscar, le triomphe à la barbe de Spielberg, ce nouveau polar pourrait remettre les pendules à l’heure.
Gaël Golhen

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PREMIÈRE A PLUTÔT AIMÉ

xXx : REACTIVATED ★★★☆☆
de D.J. Caruso

Voyons voir : personnages délirants et amoraux plus grands que nature, tous droits sortis d'un comics (mention spéciale à Ruby Rose en sniper lesbienne et Rory McCann en driver parano), visuels flashy, bande originale qui tabasse (parfois un peu trop), scènes d'action fusionnelles mélangeant Bollywood et Fast & Furious... xXx : Reactivated ne ressemblerait en fait à une version réussie de Suicide Squad ? En tous cas, Vin Diesel a su bien s'entourer pour son comeback en Xander Cage et passe les plats à son gang de super-espions tarés avec un plaisir évident.
Sylvestre Picard

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LA COMMUNAUTÉ ★★★☆☆
De Thomas Vinterberg

Dans Festen, l’enfer c’est la famille. Dans La Chasse, il serait l’émanation du microcosme social. Dans La Communauté, il pourrait naître de la confrontation des deux structures, de la difficulté de fondre l’une dans l’autre, de dissoudre les égos dans le groupe. Inspiré par sa propre histoire, Thomas Vinterberg, qui vécut avec ses parents dans une communauté jusqu’à l’adolescence, remonte le temps pour chroniquer l’histoire d’une famille qui décide de se réinventer dans la vie en groupe.
Vanina Arrighi de Casanova

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PREMIÈRE A MOYENNEMENT AIMÉ

CORNICHE KENNEDY ★★☆☆☆
De Dominique Cabrera

Issue du documentaire, Dominique Cabrera s’y entend pour donner à ses fictions des atours réalistes comme ici, où elle raconte comment une jeune fille de bonne famille infiltre le milieu des « plongeurs », ces ados qui plongent illégalement du haut d’une corniche, à Marseille. L’intrigue amoureuse qui se noue entre Suzanne et deux des plongeurs fournit au film ses meilleurs moments, le mélange entre la professionnelle Lola Creton et des acteurs amateurs dénotant une vraie spontanéité. L’aspect polar est en revanche franchement raté : Cabrera n’arrive pas à rendre crédible l’histoire parallèle du plongeur lié au milieu du crime et dont la compromission finit par impacter tout le récit. N’est pas André Téchiné qui veut.
Christophe Narbonne

LA CIGALE, LE CORBEAU ET LES POULETS ★★☆☆☆
D’Olivier Azam

Dans la mouvance socialo-anar de Merci Patron !, ce documentaire fait le portrait d’une figure locale, Pierre Blondeau, un militant qui tente, avec quelques autres, de contrer les initiatives visant à défigurer ou à abîmer les beaux paysages de l’Hérault où il réside. Tenant d’un « communisme rural » et empêcheur de tourner en rond, il fut, en 2009, au centre de « l’affaire des corbeaux » : alors au pouvoir, Nicolas Sarkozy et des membres de l’UMP reçurent des lettres de menaces accompagnées de balles en provenance de l’Hérault. Blondeau et quelques comparses furent soupçonnés puis relâchés, avant qu’un homme, étranger à leur bande et à leur coin, se dénonce. Le documentaire, plutôt partisan, se propose de les réhabiliter (et, en filigrane, d’émettre une hypothèse sur le fait qu’ils gênent et que leur implication présumée dans l’affaire avait été téléguidée…) et de les suivre dans leurs actions au quotidien, sur le terrain et auprès des responsables locaux. Problème : le débonnaire Blondeau a depuis été impliqué dans l’affaire de la candidature douteuse du chanteur Hugues Aufray à la présidentielle, fruit d’une manipulation orchestrée par des gens issus d’une mouvance hétéroclite d’extrême-droite, d’extrême-gauche, monarchiste et révolutionnaire ! On ne regarde donc plus du même œil ce pamphlet, certes vivant et pittoresque, mais qui ne rivalise pas en termes d’audace et d’objectivité avec Merci Patron !.
Christophe Narbonne

PREMIÈRE N’A PAS AIMÉ

UN SAC DE BILLES ★☆☆☆☆
De Christian Duguay

Depuis l’excellent Jappeloup, le québécois Christian Duguay, ex-signataire de films d’action bien bourrins (L’Art de la guerre, The Extremists), a posé ses bagages en France où il poursuit une deuxième carrière prolifique de faiseur de grands films familiaux aux ambitions mesurées. Après Belle et Sébastien, l’aventure continue, il réalise une nouvelle adaptation du best-seller de Joseph Joffo (après celle, touchante, de Jacques Doillon en 1975) qui raconte les péripéties vécues par deux jeunes frères juifs pour rejoindre la zone libre en 1942. Beau livre d’images dénué de surprises, Un sac de billes version 2017 fait défiler les stars à l’écran : outre Patrick Bruel, Kev Adams, Christian Clavier et Bernard Campan n’apportent rien au film, sinon l’impression que leur présence sert essentiellement à faire vendre plus de tickets.
Christophe Narbonne

BELLE DORMANT ☆☆☆☆☆
D’Ado Arrieta

Par un curieux hasard du calendrier, ce film sort une semaine après Un jour mon Prince qui revisite lui aussi le mythe de la Belle au Bois Dormant. Disons-le tout net : Belle dormant n’est pas mieux, sinon pire. Shooté comme du Rohmer dans des décors de Demy, sans arriver à la cheville de l’un ou de l’autre, anti-joué (hommage à Bresson ?) par des comédiens qui ânonnent leur texte, le retour au cinéma du vétéran espagnol Ado Arrietta (dernier film en date : Merlin, en 1991) est en tout point soporifique. En cela, il est raccord avec son titre.
Christophe Narbonne

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