Apollo 13
Universal

Tom Hanks, Kevin Bacon et Bill Paxton partent dans l'espace, à 21h.

Ce soir, la mission Apollo 13 décolle sur Arte (suivie de Moon, de Duncan Jones). Passez la soirée dans l'espace grâce à Ron Howard, qui adapte pour l'occasion le livre Lost Moon : The Perilous Voyage of Apollo 13 co-écrit par James Lovell (astronaute ayant commandé la mission Apollo 13 en 1970) et par le journaliste Jeffrey Kruger. Récit détaillé des incidents ayant conduit à la fin prématurée du programme spatial, mais aussi des décisions qui permirent à l'équipage constitué par Jim Lovell, Jack Swigert et Fred Haise, Lost Moon prenait vie sur grand écran en 1995 sous la forme d'un docudrama revenant, de manière fictionnalisée, sur l'histoire folle d'Apollo 13. Porté par un casting cinq étoiles (Tom Hanks, Kevin Bacon, Bill Paxton, Gary Sinise, Ed Harris), Apollo 13 fut un gros succès en salles, dépassant les deux millions d'entrées en France et récoltant au final plus de 350 millions de dollars de recettes.

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Nommé pour neuf Oscars, Apollo 13 est surtout resté dans les mémoires pour avoir popularisé la réplique "Houston, on a un problème" ("Houston, we have a problem"). Une réplique prononcée par Tom Hanks à l'écran et qui est en réalité une déformation de la véritable réplique prononcée Jack Swigert qui avait déclaré, selon les verbatims, "We've had a problem".Malgré cette petite prise de liberté devenue iconique, Apollo 13 ambitionnait d'être une reconstitution la plus fidèle et précise possible des événements de la mission, ce qui a conduit les acteurs du film à suivre un entraînement des plus exigeants et rigoureux possibles pour coller à la réalité du déroulement de la mission.Dès les débuts de la pré-production, Ron Howard prend en effet le parti de n'inclure aucun plan d'archive dans le film et que tout ce qui passe à l'écran devra donc être une reconstitution. Pour ce faire donc, il reconstruit peu à peu tous les éléments de la mission Apollo 13 au détail près selon les archives d'époque. Le module de commande de la mission et le module lunaire sont ainsi reconstitués en deux exemplaires modulables permettant d'en détacher certaines parties pour filmer dans de meilleures conditions. Et le centre de commandement de la NASA est intégralement recréé en studio après que le cinéaste ait refusé la proposition de la NASA, qui avait invité l'équipe à filmer dans leurs locaux. Un plateau de tournage si réaliste qu'un jour, un opérateur de la NASA s'était trompé en le quittant, pensant reprendre l'ascenseur qu'il prenait d'habitude dans les véritables locaux.

Les acteurs également eurent droit à leur programme d'entraînement spécial et à leur matériel d'époque. Leurs combinaisons étaient quasiment en tous points les mêmes que celles des astronautes américains en 1970, y compris dans leur système de ventilation qui obligeait les techniciens à devoir pomper l'air à l'intérieur des combinaisons une fois installées sur les acteurs pour les empêcher d'étouffer. Pour se préparer à leurs rôles, Tom Hanks, Kevin Bacon et Bill Paxton passèrent plusieurs semaines à subir le même entraînement physique que Jim Lovell, mais aussi les mêmes exercices de simulation de commande des modules. Ils devaient à la fin être parfaitement capables de maneouvrer toutes les navettes et les véhicules du film, devant pour cela mémoriser plus de 500 boutons, leviers et autres commandes de bord. Ils furent également formés au vol en situation d'apesanteur à travers des avions spéciaux KC-135 utilisés par la NASA, qui simulent la situation d'apesanteur par de brusques changements d'altitudes pendant un laps de temps de 25 secondes.Ce fut une première, mais les acteurs furent filmés par les équipes de Ron Howard pendant ses séquences d'apesanteur, plutôt qu'au cours de reconstitutions en plateaux. Au total, il y eut 612 paraboles répétées, qui ont offert au total près de quatre heures de contenu exploitable à l'écran. Un prodige technique qui permit un gain de temps considérable au cours du tournage, comme on peut le voir notamment (à partir de 6:05) dans The Lost Moon, making of du film présent sur les éditions DVD d'Apollo 13, qui a grandement contribué à la qualité de cet Apollo 13, qui a su poser sa patte sur le genre des films spatiaux.