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Au programme ce soir des chaînes de télévision : un des films d'adieu de Philip Seymour Hoffman, Tom Hanks bouleversant en malade du SIDA et le manifeste des films suédés par Michel Gondry.

Un homme très recherché d'Anton Corbijn

Plus de dix ans après les attentats du 11 Septembre 2001, la ville de Hambourg a du mal à se remettre d’avoir abrité une importante cellule terroriste à l’origine des attaques contre le World Trade Center. Lorsqu'un immigré d'origine russo-tchétchène, ayant subi de terribles sévices, débarque dans la communauté musulmane de Hambourg pour récupérer la fortune mal acquise de son père, les services secrets allemands et américains sont en alerte. Une course contre la montre s'engage alors pour identifier cet homme très recherché : s'agit-il d'une victime ou d'un extrémiste aux intentions destructrices ?

Décédé en février 2014, Philip Seymour Hoffman a certes laissé derrière lui ses prestations inabouties dans le diptyque final de Hunger Games : l'embrasement (dont le second volet sort prochainement), mais également cet Homme très recherché, adapté de John Le Carré par le cinéaste auteur de Control, The American et Life. Un film qui nous rappelle une dernière fois l'étendue du talent de l'acteur, qui excelle dans ce polar efficace selon Première : "Plutôt du genre froid et résolu, Anton Corbijn (Control) a trouvé chaussure à son pied en adaptant John Le Carré qui, aux antipodes d’un Ian Fleming, montre que le monde ne se divise pas entre bons et méchants et que les meilleures qualités d’un agent secret sont la patience et une discrétion pouvant aller jusqu’à l’effacement. [...] Philip Seymour Hoffmann, dans l’un de ses derniers rôles, exprime l’attachement compulsif d’un espion à son étrange métier. De ce point de vue, il est peut-être encore plus fidèle à Le Carré que Gary Oldman dans "La Taupe", ce qui n’est pas rien."

Un homme très recherché est diffusé ce soir à 20h55 sur Canal+.

Philadelphia de Jonathan Demme

Andrew Beckett, brillant avocat, est appelé à une carriere fulgurante. Adulé par son milieu, rien ne semble pouvoir ralentir son ascension, mais le jour où ses associés apprennent qu'Andrew est atteint du sida, ils n'hésitent pas à pretexter une faute professionnelle pour justifier son renvoi. Andrew décide alors de ne pas se laisser faire et attaque le cabinet pour licenciement abusif...

Sorti en 1993, Philadelphia fit à cette époque sensation en devenant l'un des films grand public les plus emblématiques sur la question du SIDA, sujet encore tabou pour une bonne partie de l'opinion. Plaidoyer pour la tolérance et contre la stigmatisation des malades, le film est inspiré de la vie de l'avocat Geoffrey Bowers, licencié à cause de sa séropositivité en 1987. Porté par le Streets of Philadelphia de Bruce Springsteen, le film de Jonathan Demme réalisa près de trois millions d'entrées et marqua la consécration pour Tom Hanks, qui remporta l'Ours d'Argent du meilleur acteur à la Berlinale, le Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique et surtout le premier de ses deux Oscars du meilleur acteur consécutifs (avec Forrest Gump un an plus tard).

Philadelphia est diffusé ce soir à 20h55 sur Chérie 25.

Soyez sympas, rembobinez de Michel Gondry

Jerry, mécanicien obsédé par la peur des ondes, partage ses journées entre la caravane qui lui sert de toit et le vidéo club old school dans lequel travaille son pote Mike. Après avoir tenté de saboter la centrale électrique qui dessert la ville, Jerry se retrouve doté d'un pouvoir magnétique aux conséquences désastreuses : il efface l'intégralité des cassettes vidéo louées par Mike ! Pour remédier à la catastrophe, et satisfaire les rares clients qui font encore tourner la boutique, les deux amis décident de tourner leur propre version des films perdus. Contre toute attente, l'initiative rencontre un tel succès que l'ensemble de la communauté s'investit bientôt dans le projet.

Cinéaste touche-à-tout et bricoleur, Michel Gondry transformait sa fantaisie en déclaration d'amour au septième art en 2008 avec ce Soyez sympas, rembobinez dans lequel le cinéaste s'amusait avec son concept de films suédés, c'est-à-dire de remakes amateurs de films faits avec trois bouts de ficelle. Le tout pour un film au final aussi poétique que drôle, dont Première disait à l'époque : "Au-delà de la comédie-concept, il a imaginé un film communautaire comme Spike Lee n'en a plus fait depuis Do the Right Thing. Un hymne vibrant à la création peuplé de fous à louer qui font de la science-fiction avec des guirlandes et des bouts de carton. Un film sur Michael Gondry, en somme, et sur tous ceux qui ont eu 12 ans et un caméscope". Le film a inspiré à Gondry son Usine de films amateurs itinérante, actuellement installée à Roubaix.

Soyez sympas, rembobinez est diffusé ce soir à 20h40 sur OCS City.