Nom de naissance GRIFFITH David
Genre Homme
Avis

Biographie

Né d'un père qui fut officier sudiste pendant la guerre de Sécession et un fidèle compagnon de Jefferson Davis, il débute au théâtre, après avoir été gar¿con d'ascenseur et vendeur dans une librairie. Pendant une dizaine d'années, il se produit ainsi sur les planches à San Francisco, New York, Los Angeles et Louisville. Sur les conseils de son ami Max Davidson, il décide de vendre des sujets de films à des producteurs de cinéma. Il contacte ainsi Edwin S. Porter, qui l'engage comme principal acteur de Rescued From an Eagle's Nest (1907). Devenu l'un des collaborateurs de l'American Mutoscope and Biograph Company, il participe à la production de plusieurs films de court métrage, soit comme auteur, soit comme acteur. En juin 1908, il réalise son premier film, The Adventures of Dollie, et, deux mois plus tard, il signe son premier contrat avec la Biograph.En six ans, de 1908 à 1914, Griffith tourne plus de 450 films de court métrage, passant de la comédie burlesque au western, de la parabole sociale à la reconstitution historique et adaptant aussi bien Jack London que Guy de Maupassant, Edgar Poe, Shakespeare, Stevenson ou Dickens. Il s'attache à l'éclairage (Edgar Allan Poe, 1909), à la profondeur de champ et au gros plan (The Musketeers of Pig Alley, 1912) et porte à la perfection, dans The Lonely Villa (1909) et The Lonedale Operator (1912), la technique du montage parallèle et de la montée du suspense. Gêné par le mauvais temps qui sévit à New York, où se trouve le studio de la Biograph, il n'hésite pas à aller tourner en Californie, créant autour de lui une véritable équipe à laquelle appartiennent le chef opérateur Billy Bitzer et des acteurs tels que Mary Pickford, Lillian et Dorothy Gish, Lionel Barrymore, Harry Carey, Mae Marsh, Henry B. Walthall et Blanche Sweet.Dès 1910, Griffith souffre de ne pas pouvoir réaliser des films plus longs et, en 1913, il quitte la Biograph pour la Mutual Film Company de Harry Aitken. Le génie de Griffith déjà évident dans la plupart de ses films de court métrage éclate alors dans la Naissance d'une nation (1915), qui décrit la guerre de Sécession, l'assassinat d'Abraham Lincoln et la naissance du Ku Klux Klan. À l'intimisme des scènes amoureuses répondent de splendides séquences spectaculaires telles que la charge du « petit colonel » (Henry B. Walthall) à la tête de ses hommes ou celle des cavaliers du Ku Klux Klan. Tourné pour 110 000 dollars, la Naissance d'une nation est tout à la fois un triomphe commercial sans précédent plus de 825 000 personnes verront le film à New York et le premier chef-d'uvre épique du cinéma américain. Accusé par certains de partialité envers les États du Sud (et même de racisme), Griffith répond en mettant en scène Intolérance (1916), qui mélange en une éblouissante osmose technique une histoire réaliste et contemporaine, la vie du Christ, l'évocation de la Saint-Barthélemy et la chute de Babylone. Célèbre pour ses décors, Intolérance, dont les assistants réalisateurs se nomment Allan Dwan, Erich von Stroheim, W. S. Van Dyke, Tod Browning, Victor Fleming et Jack Conway, ne remporte pourtant pas le succès escompté par Griffith. Ce dernier décrit dans les Curs du monde (1918) les horreurs de la guerre puis délaisse les fresques spectaculaires au profit d'uvres intimistes, parmi lesquelles le Lys brisé (1919), avec Lillian Gish et Richard Barthelmess, et le Pauvre Amour (1919), avec Robert Harron et Lillian Gish. Il retrouve dans ces paraboles sociales ou amoureuses la tendresse et la simplicité de ses courts métrages, ce style qui fera, d' À travers l'orage (1920) et de la Rue des rêves (1921), deux nouveaux chefs-d'uvre.Auteur consacré, Griffith participe en 1919, avec Charlie Chaplin, Mary Pickford et Douglas Fairbanks, à la fondation de United Artists Corporation, mais ses difficultés financières s'accroissent. Bien qu'il porte à l'écran, en 1921, les Deux Orphelines, avec Lillian et Dorothy Gish, il se sent déjà isolé dans cet Hollywood resplendissant du cinéma muet où se créent des firmes puissantes et qui consacre des cinéastes prestigieux. Distribué en 1924, Pour l'indépendance s'attache à la lutte des patriotes américains contre l'armée du roi d'Angleterre. Cependant, le génie de Griffith se retrouve beaucoup moins dans cette fresque trop inégale que dans Isn't Life Wonderful (1924), bouleversante description d'un couple allemand confronté à la pauvreté.En 1924, Griffith signe avec la Paramount et tourne par la suite deux films avec W. C. Fields. Trois ans plus tard, il quitte la Paramount pour United Artists mais la plupart de ses nombreux projets (The Peace of the World sur un scénario de H. G. Wells ; An American Tragedy, d'après Theodore Dreiser ; The Birth of the Empire, portant sur l'histoire de la Grande-Bretagne ; une vie de George Washington, etc.) n'aboutissent pas.La Révolte des esclaves (1930), le premier film parlant de Griffith, est une très belle et très sensible évocation de la vie d'Abraham Lincoln (que joue Walter Huston) mais un échec financier. En 1931, Griffith tourne son dernier film, The Struggle, histoire d'un alcoolique. Comme pour prouver à quel point Hollywood a oublié Griffith, le film ne bénéficie que d'une distribution confidentielle. Griffith, dont le divorce est prononcé en 1936 il était en fait séparé de sa femme Linda Arvidson depuis 1911 , se retire à Louisville, dans le Kentucky. Appelé à Hollywood en 1939 pour y réaliser (du moins, à ce qu'il croit) Tumak, fils de la jungle (One Million B. C., 1940), il découvre qu'il n'en est en réalité qu'un vague conseiller technique, la mise en scène étant assurée par Hal Roach et Hal Roach Jr.Lorsque Griffith meurt, en 1948, il n'est plus pour Hollywood qu'un vestige du passé. Plus lucide, James Agee, l'un des meilleurs critiques de cinéma américains, dira de lui : « Ce qu'il a réussi à faire, personne ne l'avait réalisé avant lui. Quand on se penche attentivement sur son uvre, on a l'impression d'assister à la genèse d'un chant ou à la première utilisation consciente du levier ou de la roue, d'être témoin de l'apparition, de l'organisation et des débuts du langage et de la naissance d'un art. »Pionnier, précurseur toujours plus exigeant, Griffith est en même temps un auteur dont le style atteint, dès ses premiers courts métrages, la perfection. Son lyrisme, son sens de la nature, sa tendresse pour les êtres isolés et en marge de la société et la beauté de sa direction d'acteurs rendent son uvre inoubliable. Une uvre à propos de laquelle Eisenstein s'exclamera : « Griffith a tout créé, tout inventé. Il n'y a pas un cinéaste au monde qui ne lui doive quelque chose. Le meilleur du cinéma soviétique est sorti d'Intolérance. Quant à moi, je lui dois tout. »

Filmographie Cinéma

Année Titre Métier Rôle Avis Spectateurs
2015 Sally Réalisateur -
2015 Le Lys Brise Réalisateur -
2015 Les Coeurs Du Monde Réalisateur -
2015 Le Chapeau De New York Réalisateur -
2015 Les deux orphelines Réalisateur -

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