Nom de naissance Günter Grass
Genre Homme
Profession(s) Scénario original, Dialogue
Avis

Biographie

Fils d’un allemand et d’une kachoube (tous deux commerçants et propriétaires d’une épicerie), Gunter Grass est né le 16 octobre 1927 à Dantzig, devenue depuis Gdańsk (Pologne).En 1942, alors qu’il a 15 ans, il est enrôlé dans les Jeunesses hitlériennes. Deux ans plus tard, avec la fin de la guerre, il est fait prisonnier de guerre par les forces américaines qui le gardent en captivité pendant deux ans. On suppose qu’au cours de cette période d’emprisonnement, le jeune homme, alors âgé de 17 ans, aurait fait la rencontre marquante de Josef Ratzinger, le futur pape Benoît XVI. Ignorant les horreurs perpétrées par les nazis pendant la guerre, il en prend pleinement conscience lors du Procès de Nuremberg et s’en trouve profondément anéanti. Il se retire alors en Allemagne de l’Ouest où il erre, travaillant comme fermier ou mineur et tentant de gérer un état psychologique saccagé par le viol de sa mère et de sa sœur par des soldats de l’Armée rouge.Il poursuit des études d’art plastique à Düsseldorf et assure ses revenus en produisant des sculptures, des peintures et des gravures, art dont il fait son métier. À cette même époque, il s’essaie à l’écriture en entamant un roman qui fera, quelques années plus tard, sa notoriété et son succès.En 1954, il épouse Anna Schwarz, une apprentie danseuse de ballet suisse. De leur union naîtront quatre enfants avant qu’ils ne divorcent en 1978.Les signes de son engagement politique commencent à se manifester en 1955, lorsqu’il intègre le Groupe 47 qui tend à rebâtir les mouvements littéraires nécessaires à la reconstruction même de l’Allemagne d’après-guerre.Abandonnant définitivement les arts plastiques, il se consacre totalement à l’écriture et présente, respectivement en 1956 et en 1957, deux œuvres de deux genres différents ; un recueil de poèmes intitulé Le Journal des coquecigrues et les pièces Tonton ainsi que La Crue.La lecture des deux premiers chapitres de son roman (pas encore achevé) Le Tambour lui vaut, en 1957, le Prix du Groupe 47. C’est avec la valeur pécuniaire de cette récompense qu’il finance son séjour de quatre années à Paris, profitant de l’intimité de sa petite chambre, située Place d’Italie, pour terminer l’écriture de son roman.Côtoyant des auteurs tels que Paul Celan et James Joyce, il subit l’influence, puissante et directe, du mouvement du Nouveau Roman mais surtout de la littérature baroque, style qui se dégagera clairement dans une grande partie de ses œuvres.Tambour est publié en 1959 et fait le tour du monde, construisant, en un laps de temps très réduit, une réputation des plus solides à son auteur. Le livre, premier de la trilogie qu’il forme avec les deux énormes succès Le chat et la souris (1961) et Les années de chien (1963), sera adapté au cinéma en 1969 par Volker Schlöndorff.Les années 60 marquent son engagement politique auprès des sociaux-démocrates allemands et, notamment, le futur chancelier Willy Brandt à qui il sert de conseiller.Il est nommé, entre 1983 et 1986, comme président de l’Académie des Arts de Berlin et séjourne pour quelque temps, à la fin de la décennie, à Calcutta où il est le témoin horrifié de l’extrême misère de la population indienne. À son retour, il couche ce témoignage sur papier dans une œuvre qu’il intitule Tirer la langue (1989). Six années plus tard, il publie Toute une histoire (1995) où il exprime et explique franchement son opposition farouche à la Réunification des deux Allemagnes. Fustigés et éreintés par la critique et la presse, le roman et son auteur ne seront épargnés d’aucune insulte.Cet incident n’empêche pourtant en rien la décoration, en 1999, de Grass par la distinction ultime du Prix Nobel de Littérature, récompense pour laquelle il était, depuis déjà bon nombre d’années, grand favori. Il a alors 72 ans et vaut l’honneur de ce prix à sa manière unique de dépeindre « le visage oublié de l'histoire dans des fables d'une gaieté noire ».Grass compte, dans sa bibliographie la plus récente et célèbre, des œuvres telles qu’Une Rencontre en Westphalie (1979), La Ratte (1985), En crabe (2002), roman traitant de la catastrophe du Wilhelm Gustloff et Pelures d’oignon (2006) œuvre autobiographique dans laquelle il avoue son ancienne appartenance aux Jeunesses Hitlériennes. La franchise de cet aveu a failli lui coûter son Prix Nobel, si le président de la Fondation Nobel n’était pas intervenu, soutenant fermement que « l'attribution des prix est irréversible, car aucun prix n'a été retiré à quiconque par le passé ».D’une nature et d’une orientation politique qui défend farouchement et inconditionnellement les plus démunis et les opprimés (les écrivains arabophones contestataires et expatriés, le peuple palestinien…), il est également connu pour sa position ouvertement antiaméricaniste, en particulier, et plus généralement, opposée à toute forme de suprématie occidentale. Cette prise de position ne lui vaut certes pas que des amis, mais reste néanmoins fidèle à son parcours, sincère et inaltérable.