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Des ados perdus, un gentil prof d'art dramatique, des chansons tirées de comédies musicales et une ambiance bien glauque.

Trois ans après la fin de Glee, la télé américaine cherche encore un successeur aux petits chanteurs de New Direction. Jusqu'à présent, les networks ont échoué à reproduire le phénomène de la Fox. Mais NBC tente quand même sa chance, en proposant sa vision du genre, nettement, nettement plus glauque.

Rise nous emmène dans la petite ville de Stanton, en Pennsylvanie. Lou Mazzuchelli est un prof de littérature fatigué d'enseigner à des élèves qui ne s'intéressent jamais à ce qu'il raconte. Surtout qu'à la maison, ça ne va pas beaucoup mieux puisque son grand fils est un ado en pleine rébellion, en train de glisser vers l'alcoolisme. Alors pour sortir de cette spirale de la lose, le gentil Lou décide de reprendre en main le club de théâtre du lycée. Un club un peu poussiéreux, qui a tendance à refaire année après année les mêmes comédies musicales (surtout Grease), et qui ne branche qu'une petite poignée d'élèves mal-aimés. Le nouveau boss va essayer de secouer tout ça, et il va notamment recruter la star de l'équipe de foot, qui se trouve avoir un vrai don de chanteur...

Le coup du sportif hyper-populaire, qui se lance dans la comédie musicale du bahut, et qui va tomber amoureux de la petite chanteuse du club de théâtre... il y a comme un air de déjà vu (et revu). Disney avait ressorti cette vielle rengaine du placard en 2006, pour faire High School Musical et la Fox avait appliqué la même recette trois ans plus tard, avec Glee. Autant dire qu'entre la série de Ryan Murphy et celle de Jason Katims (créateur de Parenthood et Roswell), il y a quand même beaucoup de similitudes.

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Du bon prof désabusé qui ne veut que le bonheur et l'épanouissement de ses élèves, aux lycéens mal dans leur peau, en passant par le principal du lycée qui leur met d'énormes bâtons dans les roues pour privilégier le sport (contre les arts), les personnages de Rise ne rigolent pas avec les clichés. Josh Radnor (oui, c'est bien Ted de How I met your mother, qui prend son air sérieux), avec sa veste en tweed et ses petites lunettes rondes est littéralement déguisé en enseignant du secondaire. Et dès les deux premiers épisodes, la série s'embarque tous azimuts dans une foule de thèmes sociétaux, du gamin transgenre à l'alcoolisme des ados, en passant par la quête d'identité sexuelle, la religion, les difficultés de la monoparentalité, les ragots destructeurs...

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Oui, ça fait beaucoup. L'ambiance est pesante. On est pris à la gorge par tant de souffrance, tant de mélancolie, tant de problèmes. Et si Glee avait pris le parti original d'une narration décalée, loufoque, presque irréelle collant avec son titre jovial (ce qui avait fait son succès, à l'époque), Rise opte à l'inverse pour une vision extrêmement glauque, illustrée par une photographie grisâtre qui n'incite guère à l'enthousiasme.

Bref, Rise , c'est l'anti-Glee. La nouvelle série de NBC se veut résolument réaliste, ce qui lui confère aussi une certaine qualité dramatique. Ici, on ne chante pas n'importe où et tout le temps, mais seulement sur la scène du théâtre du lycée, pour exprimer son mal-être. On s'identifie facilement à ces personnages abîmés, et la gravité de chaque scène permet à Rise d'offrir quelques beaux moments intenses, pour faire dresser les poils des bras. Reste que, dans les séries comme dans les comédies musicales, trop de dramas, tue le drama.

Rise, saison 1 - Diffusée le mardi soir sur la chaîne américaine NBC depuis le 13 mars.