The Spy critique
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L'acteur brille sérieusement dans le nouveau thriller d’espionnage de Gideon Raff, à voir dès demain en France.

Dès demain, sur OCS, Sacha Baron Cohen passe en mode infiltration. Le thriller d'espionnage The Spy débarque pour six épisodes signés Gideon Raff, le créateur de la série israélienne Hatufim - celle qui a inspiré Homeland.

Cette fois encore, il est question de services secrets et de faux semblants. Mais c'est une histoire vraie que nous raconte The Spy, celle d'Eli Cohen, un agent du Mossad recruté en 1961, au sortir de la Deuxième Guerre Mondiale. Un vrai patriote, qui veut servir Israël et qui va être formé pour partir en mission sous couverture auprès de Syriens, en conflit ouvert avec Israël, et qui préparent une offensive de grande envergure...


Attention, série sous haute tension ! Sacha Baron Cohen ne rigole plus. Même s'il se laisse à nouveau pousser la moustache, l'ancien Borat ou Bruno n'est pas là pour faire le mariole, comme il en a l'habitude depuis deux décennies. Non, c'est fois, il est très sérieux et du coup parfaitement méconnaissable. Certainement parce qu'il n'est pas déguisé. En tout cas, il se glisse à merveille dans le costume d'espion dessiné pour lui par Gideon Raff. Mari et père de famille ordinaire, presque transparent à la vie civile, il se mue en une espèce de caméléon insoupçonnable lorsqu'il se retrouve sous couverture. Véritable maître du mensonge et de l'infiltration, il tient sa légende sur le bout des doigts, pour mieux s'immiscer dans les affaires politiques des ennemis d'Israël. 

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Car oui, il y a indéniablement quelque chose du Bureau des Légendes dans The Spy, dans cette manière de montrer l'habileté des agents de terrain pour se fondre dans le décor, pour manipuler leurs cibles. Des agents qui n'ont rien de James Bond et qui sont avant tout des Hommes, avec leurs failles, leurs défauts, ici un individu déchiré entre deux mondes et deux identités, qui s'impose tellement de sacrifices. C'est à travers le regard de ce quidam dévoué qu'on entre ainsi dans le petit jeu de l'infiltration. C'est là que The Spy rayonne pleinement, grâce à la performance charismatique et sobre de Cohen, qui transcende certaines scènes conventionnelles du genre pour en faire une série véritablement palpitante.

La géo-politique des 60's offre, en plus, un cadre absolument passionnant à ce thriller minutieux, qui n'évite pas certains clichés ou raccourcis sur le patriotisme, l'espionnage ou la situation diplomatique de l'époque. Mais on reste irrémédiablement captivé par le récit authentique de l'espion le plus célèbre d'Israël, qui changea à lui seul la Guerre des Six Jours qui suivra et le cours de l'Histoire du proche-Orient.