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La nouvelle série de David E. Kelley est aussi malsaine que réjouissante.

Quand Jean-Marc Vallée, le réalisateur canadien de Dallas Buyers Club, dirige Reese Witherspoon, Nicole Kidman, Shailene Woodley, Laura Dern, Alexander Skarsgård, Adam Scott et Zoë Kravitz, sur un script de David E. Kelley (Ally McBeal, Boston Public), on a le droit d'être excité. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que nos attentes n'ont pas été déçues. Big Little Lies et ses riches mamans de le côte ouest américaine ne manqueront pas de vous scotcher au canapé. Laissez-vous captiver par l'histoire de Jane, jeune mère célibataire ordinaire, qui débarque à Monterey, petite ville huppée de Californie, qui abrite une population aussi riche que cynique...

La plume de David E. Kelley

Le papa d'Ally McBeal retrouve de sa superbe avec ce drama finement écrit. Kelley adapte l'oeuvre de Liane Moriarty en réussissant à nous surprendre épisode après épisode. Alors qu'on pensait assister à un concours de clichés bien laids sur la rivalité féminine, il nous prend à revers et livre des portraits de mères au foyer troublantes, d'épouses déboussolées, de femmes au bord de la crise de nerf. Des personnages aussi complexes que réjouissants, qui ont l'art et la manière pour planter un affreux malaise permanent en guise de décor. Tout est malsain dans cette vie trop luxueuse pour être honnête. Chaque dialogue claque dans l'air comme une gifle hautaine et saisissante. Tout ça forme au bout du compte une histoire terriblement addictive.

Un meurtre mystérieux à resoudre

Et la passionnante énigme criminelle qui lance Big Little Lies n'y est pas pour rien. Kelley prend le parti de laisser les téléspectateurs dans le noir complet. Vous ne saurez même pas qui est mort et encore moins qui a tué ! A coup d'interrogatoires de police, on écoute les habitants du coin esquinter doucement mais sûrement Madeline, Renata, Celeste, Jane et leurs maris. Une lente dégringolade vers l'inévitable drame, qui se dénoue, lentement, tout doucement...

La réalisation sublime de Jean-Marc Vallée

Le réalisateur de Dallas Buyers Club, qui a signé tous les épisodes de la série, est à la baguette et dépeint la ville de Monterey avec un éclat aussi éblouissant que... glaçant ! Il dirige magistralement son casting de rêve pour le sortir de son cadre de vie en papier mâché et lui donner une extraordinaire puissance émotionnelle. Et le montage final, surprenant et audacieux, témoigne de l'ambition de Big Little Lies.

Nicole Kidman à son meilleur

Une ambition aussi affichée ostensiblement par ses actrices "so" glamour. Toutes ont été nommées et/ou recompensées au moins une fois aux Oscars. Les seconds rôles (emmenés par les étonnants Adam Scott et Alexander Skarsgård) sont au diapason. Et au milieu de tout ce luxe, Nicole Kidman rayonne à nouveau. Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas vu l'actrice australienne dans une telle forme. A fleur de peau à chaque seconde, son personnage nous envahit d'une étouffante tristesse dès qu'on croise son regard. Et puis à 49 ans, la comédienne s'affiche plus hot que jamais. On ne l'avait plus vu aussi sexy depuis Eyes Wide Shut !

Les Desperate Housewives du riche

Vous l'aurez compris, on est assez loin de Wisteria Lane. Ici tout est plus classe, plus fastueux, plus bling-bling... et plus indécent aussi. Mais on retrouve tout de même pas mal de Bree, de Lynette ou de Gabrielle, dans ces embrouilles malsaines entre mamans embourgeoisées - qu'on ne voudrait surtout pas voir approcher (et encore moins éduquer) nos enfants. La touche cynique en plus. Du "fucking" crêpages de chignons sauce HBO en résumé. Alors si les Desperate Housewives vous manquent, vous trouverez sans aucun doute chez les femmes de Monterey de quoi vous remémorer celles de Fairview.

Big Little Lies - mini-série en 7 épisodes - Diffusée à partir du dimanche 19 février sur HBO et le lendemain en France sur OCS.

Prochainement au Cinéma

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