Locke & Key
Netflix

Carlton Cuse et Meredith Averill nous racontent comment ils ont pensé l'adaptation des comics si particuliers de Joe Hill et Gabriel Rodriguez.

Depuis vendredi, le nouveau hit de Netflix s'appelle Locke & Key. Une adaptation des comics de Joe Hill et Gabriel Rodriguez, signée du scénariste de Lost et Bates Motel, Carlton Cuse et de Meredith Averill, qui a travaillé sur The Haunting of Hill House en 2018. Ils nous expliquent comment ils ont abordé la transposition au petit écran de cette histoire de clés complètement folle.


Enfin, Locke & Key prend vie à la télévision. Après tant de projets avortés, de pilotes tournés et retoqués, votre adaptation a abouti. Ca vous fait quoi ?
Carlton Cuse : C'est vraiment un soulagement. Je n'arrive pas à croire qu'on y soit arrivé. J'ai l'impression d'avoir attendu le jour de Noël depuis 4 ans ! Ca fait 4 ans que je travaille sur ce projet et avec Meredith depuis 2 ans. On est content d'avoir un public à qui montrer le résultat qu'on adore, une série qu'on aurait envie de regarder, en famille, entre amis...

Pourquoi a-t-il été si difficile d'adapter cette histoire ?
Meredith Averill : Le truc avec ces comics, c'est qu'ils combinent tout un tas d'éléments et de genres. Il y a de l'horreur, de la comédie, de la fantasy, de la teen romance, et en même temps c'est aussi un "murder mystery". C'est une histoire qui traite du deuil, de la souffrance, de la culpabilité, de l'alcoolisme... C'est délicat d'équilibrer tout ça pour en faire un ensemble cohérent.

Qu'avez-vous absolument tenu à conserver de la BD ? C'est quoi l'essence de l'oeuvre originale ?
Meredith Averill
: Quand on a commencé à écrire notre version pour Netflix, on s'est dit qu'il fallait pencher surtout vers le côté fantasy. Mettre la fantasy en avant, plus que le côté "dark horror". Mais en même temps, on a aussi voulu garder une part d'horreur quand même, et puis aussi ces histoires de teen romances. On a essayé de tout garder et c'est ce qui rend ce show si spécial : tout le monde va pouvoir y trouver son compte. Le gros challenge, c'est donc d'arriver à équilibrer tous ces différents aspects et j'espère qu'on y est parvenu.

Locke & Key : une adaptation passe-partout (critique)

Quand avez-vous lu la bande dessinée pour la première fois et qu'en avez-vous pensé ?
Carlton Cuse
: En ce qui me concerne, j'ai lu ces comics pour la première fois à leur sortie, en 2008. J'ai tout de suite trouvé ça génial. Ce mix entre les différents genres, entre un drame familial, une histoire adolescente, de la fantasy... J'ai tout de suite eu envie d'en faire une adaptation, mais les droits étaient bloqués. Il y a quatre ans, Joe Hill et Gabriel Rodriguez les ont récupérés. Je les ai tout de suite appelés pour leur dire que j'étais un fan et que j'étais très intéressé. Ils connaissaient mon travail à la télévision. On est vite tombé d'accord. On a connu ce premier échec sur Hulu (le pilote filmé par Andy Muschetti a été retoqué) et puis on est arrivé sur Netflix, Meredith nous a rejoint et ce fut très positif.

Avez-vous atténué l'aspect horreur des comics pour vous recentrer sur quelque chose de plus familial ?
Meredith Averill
: Dans les comics, c'est plus gore, sans aucun doute. On a clairement atténué la violence graphique et l'aspect visuel parfois extrême des BD. Mais on a toujours ce vilain formidable au centre du show, et lui n'a pas changé.

Meredith, en quoi votre travail sur The Haunting of Hill House vous a-t-il aidé pour Locke & Key ?
Meredith Averill
: Ce sont deux familles qui souffrent, qui sont en deuil, dans la culpabilité. Là aussi, on prend les histoires de la fratrie séparément, on dévoile des éléments importants de l'intrigue via des flashbacks, mais dans le fond ce sont deux séries vraiment très différentes. The Haunting of Hill House était une série bien plus sombre, bien plus une série d'horreur que ne l'est Locke & Key. Maintenant, c'est vrai qu'en matière de décors, j'ai pu m'appuyer sur la Maison de Hill House, discuter de ce que j'imaginais avec le production designer, de ce qu'on voulait pour Key House : quelque chose de chaleureux, d'accueillant... A l'inverse, Hill House devait être froide, inquiétante, mais c'était pratique d'avoir ce point de référence.

Locke & Key sur Netflix
Netflix

À quel point Joe Hill, l'auteur des BD, a-t-il été impliqué dans le développement de la série ?
Carlton Cuse
: Il a été très impliqué dans ce développement. Il a co-écrit le premier épisode. Et à chaque fois qu'on a souhaité étendre l'histoire au-delà des comics, on a en a discuté avec lui. Il a été un excellent partenaire créatif. Il a embrassé, avec enthousiasme, les changements que nous avons apportés à son récit pour pouvoir le porter à l'écran. Pour que le show ait sa dynamique propre.

Qu'est-ce qui a été le plus compliqué dans cette adaptation ?
Carlton Cuse
: Ce fut justement de transposer des éléments de comics sur un écran de télévision. Ce sont deux médias très différents. Je pense à la Clé de Tête notamment, imaginée par Gabriel Rodriguez. Elle ouvre littéralement la tête de quelqu'un dans la BD. On peut voit voir ainsi à l'intérieur. Notamment à l'intérieur du crâne du petit Bode... Ca nous a paru un peu délicat de montrer ça comme ça à la télévision. Du coup, il a fallu repenser cette clé de manière plus métaphorique.  

Donc la Clé de Tête a été la Clé la plus difficile à transposer à l'écran ?
Meredith Averill
: Oui, je crois bien... Mais en même temps, ce fut aussi la clé la plus fun à imaginer pour nous. Imaginer ce qu'il pourrait y avoir dans la tête de Kinsey, de Bode ou d'Erin Voss... Cela a donné lieu à des échanges créatifs très cool entre les auteurs.