Case départ
Mars Films

Le duo a été surpris face à la popularité inattendue de cette comédie.

Succès surprise (et mérité) de ce début juillet, Case Départ a enregistré 571 106  entrées en une semaine, réalisant ainsi le second meilleur démarrage de l'année pour un film français. Comment ? Pourquoi ? Ca méritait bien un coup de fil aux deux réalisateurs Thomas N'Gijol et Fabrice Eboué.

Par Francois Grelet

Thomas N’Gijol, Fabrice Eboué, euh… Félicitations ?
TNG : Ouais merci, on ne s’y attendait pas vraiment, nous non plus. En plus on est vraiment nuls en ce qui concerne les chiffres. Quand on nous a dit qu’on avait atteint le cap des 500 000 entrées on était : « Ouais, bah ouais. Tant mieux. C’est bien ? »
FE : Et là tout le monde nous explique que 500 000 c’était le score espéré, mais en fin de carrière…
TNG : Donc c’est « bien », effectivement...
FE : A moins que désormais on fasse zéro entrée jusqu’à la fin de l’exploitation-salle. Au quel cas on pourra parler de semi déception…

Vous pensez que le succès de Case Départ c’est avant tout un phénomène communautaire ?
FE : Oulala, non pas du tout…
TNG : La première surprise quand on a fait les avant-premières en Province, c’était justement de voir des gens de tout horizon et de tout âge.
FE : Après, on ne va pas te mentir, le film ne cartonne pas en Creuse, hein. Et il a tendance à remplir plus facilement les salles en banlieue. Faut pas être dupe non plus.
TNG : Oui mais lorsqu’on fait ce genre de score au box office ça ne peut pas JUSTE être un « phénomène communautaire » comme tu dis. Le film rassemble plus qu’il segmente, forcément.

Et donc, vous vous l’expliquez comment ?
FE : Y a un aspect un peu pédago dans Case Départ, qui peut plaire aux gens…
TNG : Voir des nouvelles gueules, aussi. On a une petite notoriété, mais dans le milieu du cinéma, et pour le public des salles, on est des inconnus. Étrangement je pense que ça a pu jouer en notre faveur cette fois-ci. Les gens doivent en avoir marre de voir toujours les mêmes tronches dans les films comiques. On fait passer un peu d’air frais là…

Mon idée perso : le pitch est à la fois très simple et très intriguant. Et l’affiche a su le reformuler très clairement. En la voyant j’ai tout de suite été curieux de savoir ce que ça pouvait donner. Je n’ai pas dû être le seul…
FE : Ouais, on savait que le pitch était fort parce qu’on a quasiment financé le film là dessus. Quand on le racontait, les gens, les décideurs, nous écoutaient et étaient assez excités.
TNG : L’affiche, elle est assez lisible ouais, un peu aguichante. Ca a pu jouer. Et puis on a pas mal porté le film lors des avant-premiere, ce qui a lancé le bouche à oreille avant la sortie salle. 

Autre hypothèse de succès : vous vous êtes super assagis depuis votre sitcom glauquissime : Inside Jamel Comedy Club…
FE : Ahah, ouais. Mais c’est aussi un truc d’écriture. A la télé tu as le temps de rendre des connards sympathiques, alors qu’au cinéma si tu veux de l’empathie il faut y aller mollo sur les saloperies. Donc on s’est calmé un peu sur le trash, oui.. Mais, perso je rêve pour mes futurs expériences ciné de me rapprocher un peu plus de l’esprit du IJCC. J’espère que le succès de Case Départ pourra au moins m’octroyer ça. Mais t’as trouvé le film démago ?

Parfois, oui. Surtout la scène du bus avec cette leçon de morale assénée en gros plan.
FE : C’est marrant un ami m’a parlé de cette scène y a peu de temps pour me dire a quel point il la trouvait déplaisante. En fait elle est surtout là, pour accentuer l’effet comique qui arrive juste après. Mais bon… On s’est souvent posé la question de la démagogie. Et je peux te dire qu’on a BEAUCOUP coupé dans l’épilogue pour ne pas sombrer là dedans…

On vous souhaite quoi pour la suite ?
FE : Je ne sais pas bien là. Le téléphone sonne beaucoup ces temps-ci... Dans l’idéal, souhaites-nous de faire, cinq, six films chacun de notre côté, et de nous retrouver ensemble, dans quelques années, pour un truc au moins aussi bien que Case Départ. Ouais, ça serait un bon plan, ça.