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Une nouvelle vidéo révèle les secrets de fabrication des musiques de films mainstream.

 

 

Alors que tout le monde a en tête les thèmes de Star WarsJames Bond ou Harry Potter, qu’en est-il des productions Marvel ? Une vidéo publiée par la chaîne YouTube Every Frame a Painting, a tenté d’expliquer les raisons pour lesquelles les musiques issues de ces films super-héroïques sont si vite oubliables.

Une des premières raisons mise en avant par la vidéo remet en question l’utilité même de la musique. Dans certaines scènes, on peut s’apercevoir que celle-ci n’apporte aucune valeur ajoutée à ce qu’il se passe dans le cadre. L’auteur du clip prend notamment l’exemple d’un épisode d’Iron Man où l’on peut voir Tony Stark travailler dans son garage comme à l’accoutumée. L’ambiance sonore y est relativement quelconque. Par ailleurs, l’auteur du programme met en évidence le côté prévisible des compositions. Lorsqu’une scène est triste, la musique aussi.  

Mais la raison la plus fascinante est à chercher du côté des conditions mêmes dans lesquelles ces orchestrations sont créées. En réalité, la bande originale de ces films modernes est basée sur des musiques temporaires glissées dans la timeline des logiciels de montage en attendant que le compositeur réinterprète le morceau à sa sauce. Le souci ? Les monteurs prennent beaucoup trop l’habitude de se baser sur des musiques temporaires pendant la phase de post production des films. Le réalisateur ou le producteur est alors tenté de demander au compositeur d’imiter la piste temporaire, ce qui donne souvent cet aspect impersonnel à la bande son.

Hans Zimmer abandonne les BO de films de super-héros

Heureusement, toutes les BO Marvel ne sont pas oubliables. Au début des années 2000, Sam Raimi réalise la première adaptation cinématographique de Spider-Man avec un thème fort interprété par Danny Elfman, compositeur célèbre pour avoir marqué l’identité musicale de Batman chez les concurrents de DC Comics. Mais les deux super-héros ont un point commun qui rejoint ce que dit Every Frame a Painting à propos des films de super-héros modernes. Les bandes originales de l’homme araignée et du Chevalier Noir ont toutes les deux décliné à partir de leurs reboots respectifs. Après Batman (1989) et Batman : Le Défi (1992) réalisés par Tim Burton sur une BO de Danny Elfman (également compositeur de la série animée), on observe des thèmes beaucoup moins inspirés dans la version de Christopher Nolan (Batman Begins, 2005) écrite par Hans Zimmer, bien que le musicien allemand soit connu pour avoir signé de grands succès tel que le thème de Pirates des Caraïbes maintes fois repris.

Et c’est là que cela devient intéressant car beaucoup de compositeurs reconnus sont appelés par les grands studios pour signer de pâles copies de pistes temporaires utilisées par les monteurs dans le but d’accélérer la post production des films. Un gain de temps qui a un impact direct sur la qualité du travail des compositeurs. Nous pourrions presque parler de "BO de commande" en référence aux "films de commande" où les producteurs ont une main de fer sur les décisions artistiques. A titre d’exemple, on peut citer Alan Silvestri, le compositeur de Forrest Gump et la saga Retour vers le futur, qui a signé la BO du premier volet des Avengers en 2012.

Finalement, que ce soit chez Marvel ou DC, le problème reste le même. A partir de la fin des années 2000, on observe une nouvelle tendance dans la manière de fabriquer l’identité musicale épique des films de super-héros. Une méthode de travail ayant un impact sur la mémoire des spectateurs.