Un amour impossible
Stephanie Branchu / Chaz Productions

Catherine Corsini adapte Christine Angot pour un film un peu trop classique, mais qui fait briller l’indispensable Virginie Efira.

Cinéaste des amours empêchés et de la féminité dans tous ses états, Catherine Corsini avait sans le savoir pris date avec Christine Angot dont elle adapte Un amour impossible, récit de la relation fusionnelle entre une mère et sa fille avec, planant au-dessus d’elles, l’ombre maléfique de l’amant et géniteur absent. Subtilement photographié par Jeanne Lapoirie, le film s’inscrit à première vue dans le genre “qualité française” avec sa reconstitution impeccable, sa voix off littéraire et son grand sujet. Raconté du point de vue de la maman, interprétée par une Virginie Efira tout en retenue, Un amour impossible est d’abord l’histoire classique d’une fille-mère dans la France conservatrice des années 50-60. Sans ostentation, Corsini salue le courage de ces femmes-courage qui durent composer avec le regard des autres et s’épanouir dans l’adversité. Puis, le film de se muer en chronique de la perversion à travers le personnage de l’amant/père dont le mépris de classe (envers celle qu’il a séduite et abandonnée à son sort) va se draper d’abjection. Si Angot n’a jamais mâché ses mots, Corsini, elle, ne montre rien, laissant au spectateur le soin de reconstituer les scènes manquantes du drame intime vécu par la petite Chantal. La réalisatrice est cependant obligée de combler ce terrible hors-champ par un trop-plein d’explications littérales qui en atténue quelque peu la portée mais n’empêche pas le film de s’inscrire dans un effort nécessaire de résilience.

Un amour impossible, en salles le 7 novembre 2018