Steven Soderbergh (Oscars 2001)
Capture d'écran : YouTube/Oscars

Le réalisateur de Traffic ne s’attendait pas du tout à gagner.

En promo pour son nouveau film, High Flying Bird, disponible depuis le 8 février sur Netflix, Steven Soderbergh est revenu sur la cérémonie des Oscars 2001, où il avait reçu, à sa grande surprise, le prix du meilleur réalisateur. Alors qu’il n’avait absolument rien préparé, son discours est resté comme un des modèles du genre. Une fascination qui échappe toujours au cinéaste, 18 ans après.

Pour rappel, Soderbergh n’avait tout simplement nommé personne dans ses remerciements, improvisant une ode globale à la création : "Il y a beaucoup de gens à remercier. Plutôt que d’en remercier certains publiquement, je les remercierai tous en privé. Je veux remercier toutes les personnes qui consacrent une partie de leur temps à la création, peu importe que ce soit un livre, un film, une peinture, une chorégraphie, une pièce de théâtre…", avait déclaré le réalisateur déjà sacré à Cannes pour Sexe, mensonges et vidéo.

"J’hallucine qu’on puisse prendre ça comme un exemple positif", estime aujourd’hui Soderbergh, interrogé par IndieWire. "Je peux vous dire que Graham King (le producteur exécutif de Traffic) n’était pas content de ne pas avoir été remercié, parce que sans lui le film n’existait pas."  

De fait, Soderbergh explique qu’il était sous l’emprise de l’alcool et qu’il ne s’attendait absolument pas à l’emporter sachant qu’il était nommé deux fois à l’Oscar du meilleur réalisateur, pour Traffic et Erin Brockovich, ce qui jouait en sa défaveur avec le partage des votes. Il avait par ailleurs une lourde concurrence face à lui avec Ridley Scott (pour Gladiator) et Ang Lee (pour Tigre et Dragon).

"Je suis parti du principe que je n’allais pas gagner et je prenais une double vodka cranberry à chaque coupure publicité. J’étais chaud. Et comme j’étais persuadé que je n’aurais pas besoin de me lever je n’ai rien préparé."