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Star Wars 7 sera diffusé ce week-end sur TF1.

Mise à jour du 25 mai 2018 : A l'occasion de la première diffusion en clair du Réveil de la Force, dimanche soir sur TF1, nous republions notre longue critique du film de J. J. Abrams.

Critique publiée en décember 2015 : Trente-huit ans après Star Wars. Seize après La Menace Fantôme, le voici enfin, cet Episode VII tant fantasmé, le début de la trilogie « suite », le premier Star Wars 100% garanti sans George Lucas.

Autant le déclarer d'emblée, Le Réveil de la Force réhabilite l'univers Star Wars, après le désastre désormais officiel des trois épisodes préquels, et rend à la série une bonne part de son prestige oublié. Star Wars, plus que toute autre saga dans l'histoire de la culture populaire, n'appartient plus à son créateur, mais à ses fans. Réalisateur spécialiste du sample, respectueux des épisodes qui comptent vraiment (ceux de la trilogie originale, surtout les deux premiers), J.J. Abrams livre à la fois un remake (de l'épisode IV, avec plans cachés dans des droïdes et planètes impériales à détruire), et une suite dans la continuité de la trilogie originale. La seule qu'on ait jamais aimée.

Star Wars : toute l'histoire de l'Episode 7

Le film que l'on rêvait de voir en 1999

Dans ce Star Wars new age, la prélogie n'est plus qu'un lointain souvenir, s'estompant comme un mauvais rêve. Si l'on pousse la porte de la salle de cinéma, c'est pour retrouver intacte la magie des films de 1977 et 1980. Et de ce côté-là, J.J. Abrams remplit sa part du contrat. Dès les premières images (pas de fanfare Fox en entrée, ni de château Disney, juste le logo Lucasfilm), le réalisateur verse dans la citation, sans se priver, sans se gêner. Voici donc un Star Wars fait par un fan, pour les fans. Simplement parce que J.J. Abrams aime ça. Il aime les wookies, les droïdes, les motos des sables et les sabres lasers. Il aime les batailles spatiales et les bruits des X-wings. Il aime le Faucon Millenium et les méchants à grosses voix. Il aime les musiciens en latex et les brigands au grand cœur. Le voilà, le film que vous rêviez de voir en 1999 en payant votre place pour la Menace fantôme, avant de réaliser deux heures (ou deux minutes) après le générique défilant que Lucas vous avait dupés. Qu'on ne s'y trompe pas, cet épisode VII reste un produit ultra-calibré, écrit en comité pour plaire aux fans hardcore, et vendre des objets dérivés. Pas totalement sans surprise mais sciemment dénué de nouveauté. Un film conçu comme un reboot (spécialité de la maison J.J.), et une introduction fraiche à tout gamin qui n'aurait jamais vu les épisodes précédents (si, si, ils doivent bien exister, le dernier épisode de la prélogie date tout de même de dix ans, soit toute une génération). Le cinéaste prend le temps d'abattre ses cartes, posant ses nouveaux personnages un à un, et réintroduisant les héros classiques (cultes) quand l'intrigue le justifie. Soyons honnêtes, la jeunesse de Dark Vador, on en a jamais rien eu à foutre. Tout était déjà dit dans la première trilogie. Ce qu'on a toujours rêvé de voir, c'est le retour de Leia, Solo et… Luke Skywalker, le grand « disparu » de la campagne promo, celui que tout le monde espère enfin retrouver.

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La revanche de Solo

De ce côté-là, on n'est pas déçus. Harrison Ford, s'investit comme on ne l'a plus vu le faire à l'écran depuis des années. Il faut dire qu'après le fiasco Indy 4, il ne pouvait pas se rater… On a presque la larme à l'œil de retrouver Han Solo (ainsi que l'inséparable Chewbacca, toujours joué par Peter Mayhew), comme des vieux potes perdus de vue depuis trop longtemps. Alors que Abrams déroule son histoire, on réalise peu à peu que Solo porte bel et bien le film sur ses épaules. Comme si, frustré par le Retour du Jedi en 1983, dans lequel le flibustier de l'espace devenait un personnage pathétique, périphérique, presque inutile, Abrams s'était senti le devoir de rectifier le tir. Dans tous les sens du terme… Ici, Solo tire en premier. Un nombre incalculable de fois. Et chacun de ces tirs sonne comme une résurrection, une revanche. La revanche du fanboy ! Ce parti pris de replacer Solo (de loin, le personnage préféré des spectateurs de la saga originale, avant même Dark Vador) au cœur de l'histoire, signe la réappropriation définitive de la mythologie par un fan. Par LES fans !

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Renaissance

Bien sûr, le film est loin d'être aussi réussi que les épisodes IV et V. L'action est trop rapide, le mixage sonore trop dense, pour laisser réellement les scènes respirer. J.J. Abrams est un réalisateur solide, mais il est trop froid et calculateur pour se risquer à devancer son public, ou chercher à l'étonner. Les moments de tension des deux films originaux (souvenez-vous, la danse de Vador face à Luke, avec le hum des sabro-lasers juste avant le combat dans l'Empire), et les moments d'émotion poétiques sont quasi-absents. Le dernier acte se perd dans une série de combats brouillons et mal agencés, avant un épilogue expédié en quatre plans. Si le Réveil de la Force déçoit, c'est bien ici, par l'absence de vrais morceaux de bravoure. Un paradoxe, quand on se souvient que Lucas, malgré la médiocrité globale du film, en avait réussi deux dans la Menace Fantôme, avec la Podrace et le combat contre Darth Maul.

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L'Episode VII est néanmoins une renaissance. Star Wars, dès sa sortie en 1977, était devenu un phénomène social, débordant son créateur, qui n'a jamais su contrôler la « chose » qu'il avait enfantée. Les années suivantes ont été le théâtre d'un éternel bras de fer entre le « père » et ses « enfants », le public, devenu grand, très grand, trop grand pour lui. Avec la sortie du Réveil de la Force, cet état d'urgence peut enfin être rangé au placard. La saga Star Wars appartient désormais à nouveau à ceux qui ont fait son succès. Et on peut parier que Disney doit avoir en réserve des rééditions « nature », sans retouches numériques, des films d'origine, histoire de créer un pack cohérent avec cette nouvelle trilogie. Les seuls Star Wars qui comptent à présent.

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