20th Century Fox

Ce drame de Josh Boone a effectivement cartonné, en 2014.

Mise à jour du 14 mai 2018 : Ce soir, W9 diffusera Nos étoiles contraires, avec Shailene Woodley et Ansel Elgort. Nous avions rencontré l'actrice principale avant sa sortie, en 2014. Elle prédisait un joli succès au drame de Josh Boone, et elle ne s'était pas trompée.

L'histoire de Nos étoiles contrairesHazel Grace et Gus sont deux adolescents hors-norme, partageant un humour ravageur et le mépris des conventions.Leur relation est elle-même inhabituelle, étant donné qu’ils se sont rencontrés et sont tombés amoureux via un groupe de soutien pour les malades du cancer.

Bande-annonce : 

Article du 19 août 2014 : « Attendez, je vais éteindre cette lampe, c’est vraiment du gâchis. » Shailene Woodley, 22 ans, n’est pas la première actrice à vouloir sauver la planète. Mais, de mémoire, c’est la seule que l’on ait vu débuter une interview en alliant le geste à la parole. Dans cette suite d’un hôtel new-yorkais dont les ampoules vivront un peu plus longtemps que prévu, elle nous reçoit pieds nus, une infusion au chaga (un champignon aux vertus médicinales), qu’elle se prépare quotidiennement, trônant sur la table basse. Elle n’a pas d’appartement, préférant poser ses valises chez des amis et dormir sur leur canapé lorsqu’elle ne tourne pas, et dégage une sérénité inhabituelle pour une jeune femme de son âge. Son honnêteté peut aussi être désarmante. Lorsqu’on évoque la série télé qui l’a révélée en 2008, La Vie secrète d’une ado ordinaire, dans laquelle elle incarnait une lycéenne confrontée à la maternité, elle a du mal à cacher son embarras. « Vous ne ratez pas grand-chose si vous ne l’avez jamais regardée, s’amuse Shailene. Quand je me vois dans la première saison, je suis morte de rire. On dirait un bébé ! » Ça n’a pas empêché Alexander Payne de la repérer et de lui confier son premier rôle au cinéma en 2011 dans The Descendants, où elle interprétait la fille de George Clooney. Une entrée en matière assez fracassante qui lui a valu une nomination aux Golden Globes et un Independent Spirit Award. Il aura suffi de cette performance et d’un autre long (The Spectacular Now) pour que Summit, le studio derrière Twilight, lui confie la tête d’affiche de sa nouvelle franchise young adult, Divergente, lui offrant officiellement les clés de Hollywood par la même occasion. « Après cinq ans sur La Vie secrète d’une ado ordinaire, je m’étais jurée de ne signer aucun contrat qui durerait plus de trois mois, se remémore la comédienne. Et c’est justement là qu’on m’a proposé Divergente. »

Que vaut Nos Etoiles contraires ? [critique]

Love Generation
« J’avais conscience du risque que ça représentait de rejoindre un tel projet, poursuit-elle. Être juridiquement coincée pendant des années peut être délicat si vous commencez à ne plus être en accord avec celui-ci sur le plan créatif. J’ai longuement médité, écouté les conseils de tout le monde, mais le personnage de Tris, tout ce qu’elle représente, a pris le dessus. Je voulais vraiment le rôle. » Il faut dire qu’il lui va comme un gant : menacée de mort car elle ne rentre pas dans les carcans définis par une société futuriste totalitaire, Tris est la « divergente » du titre, celle qui va défier l’autorité et tout risquer pour changer le monde. Hazel Grace, l’héroïne qu’elle incarne dans Nos étoiles contraires, partage la même détermination, mais son combat est bien plus réel et tragique : atteinte d’un cancer de la thyroïde depuis l’âge de 13 ans, elle survit grâce à un traitement expérimental. Lorsqu’elle rencontre Augustus, en rémission depuis un an, dans un groupe de soutien, elle va d’abord refuser ses avances car, ce sont ses mots, elle est une « grenade qui peut exploser à tout moment ». Le film, adapté du best-seller de John Green, vient d’offrir à Shailene Woodley son deuxième succès de l’année aux États-Unis, où il aura dépassé les 100 millions de dollars de recette au moment où vous lirez ces lignes. Lors de notre rencontre, quelques semaines avant la sortie américaine, l’actrice ne s’était pas trompée : « Je crois que les gens ne se rendent pas compte à quel point Nos étoiles contraires sera énorme. Car les spectateurs vont y aller et y revenir avec leurs enfants, qui emmèneront à leur tour leurs grands-parents, et ainsi de suite... » À l'image de Love Story, d’Arthur Hiller, ou N’oublie jamais, de Nick Cassavetes, le long métrage de Josh Boone est en passe de s’imposer comme la romance emblématique d’une génération. Pour la jeune actrice, il marque aussi la fin d’un chapitre. « Lorsque je l’ai vu pour la première fois, j’ai ressenti une grande nostalgie car j’ai réalisé qu’il s’agissait de mon dernier film adolescent, explique-telle. J’ai passé un cap dans ma vie, je sens que je ne suis plus une jeune fille mais une femme dorénavant, et je serais incapable de jouer ces émotions que je pouvais encore éprouver l’année dernière. Au fond, c’était une sensation douce-amère car j’étais à la fois excitée par les perspectives qui s’ouvraient à moi, et tous ces nouveaux rôles à ma portée, et triste de tourner la page. »

7 choses à savoir sur Shailene Woodley, la star de Divergente

Time is on her sideÇa ne s’invente pas : le jour de notre interview sortait en salles The Amazing Spider-Man 2, dans lequel Shailene Woodley devait apparaître en Mary Jane Watson, avant d’être coupée au montage. Un caméo censé annoncer son arrivée dans le troisième volet, qui semble aujourd’hui compromise. « Je n’en aurai clairement pas le temps car je serai en train de tourner les suites de Divergente. Et ce n’est pas plus mal », souffle l’actrice qui se voyait mal jongler entre les deux sagas. Les prises de vue de L’Insurrection, le deuxième chapitre de Divergente, débutent ce mois-ci à Atlanta. Woodley devrait avoir le temps de se consacrer à un autre projet avant d’entamer le troisième épisode. Mais elle ne tournera pas à tout prix pour autant : « Si je ne lis pas de bons scénarios pendant quatre ans, alors je ne ferai pas de films pendant quatre ans. À part Divergente, bien sûr, car là, je n’ai pas le choix. Je ne suis pas pressée. » Qu’elle évoque le futur, sa carrière ou le business, Shailene Woodley reste imperturbable. C’est sans doute ce qui arrive lorsque vous débutez dans le métier à 8 ans. À moins qu’on ait sous-estimé cette infusion aux champignons. « L’avantage, dans une profession comme la mienne où, à longueur de journée, vous parlez de vous-même en interview, c’est que vous finissez par vous connaître assez bien, concède-t- elle. Au début de l’année, quelques mois off m’ont permis de prendre du recul et de comprendre qui j’étais vraiment en dehors de Hollywood. J’ai l’impression d’avoir trouvé ma place dans ce monde. 2013 a été une année charnière pour beaucoup, l’année du serpent dans le calendrier chinois, celle où vous changez de peau. » Quant à sa notoriété grandissante, elle ne risque pas de lui faire peur : « S’il arrivait que je ne puisse plus me balader dans la rue sans attirer les paparazzis, alors j’irais vivre dans les collines. Avec les biches et les coyotes. Cela ne me pose aucun problème. »

Mathieu Carratier

La saga Divergente se poursuivra bien en série télé