Johnny English contre-attaque
Universal Pictures International France

Johnny English contre-attaque démontre encore une fois que Rowan Atkinson est l'un des plus grands.

Parodier James Bond est l'une des tartes à la crème les plus banales de l'arsenal d'un comique. Et pourtant, lorsque c'est Rowan Atkinson qui s'y colle dans la série Johnny English (dont le troisième opus Johnny English contre-attaque débarque en salles le 10 octobre), pourquoi est-ce que ça marche ? Parce que c'est Rowan Atkinson, évidemment. Et c'est là un autre cliché récurrent du métier de journaliste cinéma que de rappeler -et d'insister sur- le fait que l'acteur n'est pas que Mr Bean. Alors rappelons que Johnny English n'exprime pas que la verve mimesque (certes géniale) du personnage de grand naïf déboussolé et muet qui l'a rendu mondialement célèbre.

OK, Johnny English contre-attaque se situe dans l'univers de l'espionnage d'action popularisé depuis plus d'un demi-siècle par la franchise 007, mais Atkinson lui insuffle toute sa personnalité : on est loin d'être un Mr Bean version smoking-gadgets-martini. C'est même la quintessence, l'aboutissement de tout le talent d'Atkinson. Un mélange entre le comique physique (Mr Bean, donc) et le comique verbal, comme dans la série La Vipère noire, son chef-d'oeuvre incontestable où tout reposait sur la punchline pour démolir les grandes figures de la bêtise de notre temps. S'emparer de James Bond, le plus pur symbole du cliché britannique s'il fallait en trouver un, est pour Atkinson l'occasion d'affirmer qu'il est à la fois monument est le désir de détruire ce monument. Un monument à la bêtise, donc.

Johnny English contre-attaque est projeté au cours du Festival Première dans les cinémas Pathé Gaumont jusqu'au 30 septembre au tarif unique de 8 euros.