Alita : Battle Angel
20th Century Fox

[Spoiler] n’apparaît que quelques instants à l’écran, mais quelle bonne idée de cinéma !

On prend d’énormes pincettes pour ne pas vous gâcher la surprise : cet article est à lire APRES avoir vu Alita : Battle Angel.

Réalisé par Robert Rodriguez et porté par Rosa Salazar (Alita), Christoph Waltz (Ido) ou encore Ed Skrein (Zapan), Alita : Battle Angel est une adaptation réussie des mangas Gunnm, de Yukito Kishiro (notre critique est à lire ici). Longtemps chapeautée par James Cameron, qui a découvert cette histoire grâce à Guillermo del Toro, cette version tournée en performance capture a finalement changé de metteur en scène, mais elle porte bien la signature de son créateur. Le papa de Terminator a tout validé, du scénario qu'il a co-écrit avec Laeta Kalogridis aux effets visuels (les grands yeux d’Alita, c’est son idée, Rodriguez l’a confirmé) en passant par les chorégraphies des combats. Il est ainsi plutôt troublant de le "voir" apparaître à la fin du film, sous les traits d’Edward Norton (Fight Club, L’Incroyable Hulk, Birdman…). Surtout qu’il s’agit du méchant !

Il y a 20 ans, Guillermo del Toro faisait découvrir Gunnm/Alita : Battle Angel à James Cameron

On s’explique : alors qu’Alita cherche à découvrir pendant tout le film ce qui lui est arrivé par le passé, elle apprend qu’un certain Nova contrôle plusieurs personnalités de son monde, en direct de Zalem. Il est capable de devenir "les yeux" des dirigeants, ce qui est clairement montré à travers le personnage de Vector (Mahershala Ali), présenté comme la marionnette du grand méchant de l’histoire, qui devrait gagner en importance par la suite. Pour l’instant, on aperçoit furtivement Nova, juste assez pour comprendre l’étendue de son pouvoir machiavélique. Et pour remarquer que son look est copié collé sur celui de James Cameron. Surtout lorsqu’il arrive pour la première fois à l’écran, doté de ses "lunettes de contrôle". Avec ses mèches blanches, son visage fin et son sourire en coin, Edward Norton n’a jamais autant ressemblé à James Cameron, et inversement.

Un peu comme Steven Spielberg avec Ready Player One, James Cameron peut ici jouer avec son image de créateur, de cinéaste qui manipule ses histoires et personnages, ainsi que son public. Et qui, même en faisant appel à un autre metteur en scène, voit le projet global et le dirige à travers lui. Le fait qu’il s’agisse de l’adversaire principal d’Alita est également un détail intéressant, sachant le temps et tout le travail qu’il a consacré à donner vie à cette héroïne au cinéma.

Robert Rodriguez : "Alita est un film de James Cameron qu'il n'a simplement pas eu le temps de réaliser !"

Le secret a été bien gardé : contrairement aux autres personnages du film qui ont tous eu droit à leur affiche, Norton, malgré sa notoriété, n’a pas de poster à son effigie. Mieux : il n’est même pas mentionné sur IMDb, la "Bible" du cinéma américain. Un joli coup de la part de la 20th Century Fox, qui parvient à surprendre les spectateurs à l'ère du "tout spoiler".

Reste à savoir si Alita : Battle Angel aura assez de succès au box-office pour avoir une suite, sans quoi l’apparition de Nova restera un simple caméo…

Bande-annonce :