Pixels court métrage
OneMoreProd/Patrick Jean.

En 2010, Première avait rencontré son réalisateur, Patrick Jean, avant la sortie du blockbuster de Sony.

En 2010, nous rencontrions Patrick Jean, auteur et réalisateur de Pixels, un petit court métrage devenu buzz instantané quelques mois plus tôt sur les sites de partage, qui imaginait New York envahi et détruit par les jeux vidéo de notre enfance. Echappés d'une vieille télé abandonnée sur le trottoir, Pac-Man, Donkey King et les briques de Tétris bousillaient la ville puis la planète entière dans ce mini film catastrophe traumatisé par les jeux vidéo 80's. Cinq ans plus tard, ce petit court fauché est devenu un long métrage hollywoodien, blockbuster rutilant réalisé par Chris Colombus (Madame Doubtfire, les deux premiers Harry Potter...) avec Adam Sandler, Michelle Monaghan et Peter Dinklage au casting. Patrick Jean et son producteur Benjamin Barras sont quand même restés associés au projet en tant que producteurs exécutifs. A l'époque, le jeune graphiste désormais installé à Los Angeles était sur le point de partir là-bas pour la première fois, et pressentait que ces petits Pixels pourraient changer sa vie. Rétro, à l'occasion de la rediffusion du long métrage, à 21h sur TFX.  

Pac-Man est le grand méchant de la bande-annonce de Pixels

Quel a été ton parcours professionnel avant Pixels ?
J'ai 33 ans et je suis graphiste depuis un moment déjà : j'ai travaillé dans de nombreuses boites d'effets spéciaux parisiennes et me suis attelé récemment à la réalisation de court-métrages. Le premier, Théo, a été assez peu vu mais a FORTEMENT inspiré un clip (je vous laisse deviner, allez voir) et une pub pour Weight Watchers (que je n'ai pas vue). Naturellement, je n'ai participé à aucun de ces deux derniers projets. Dans ce milieu, on se fait facilement piquer des idées, c'est moche, mais il faut l'accepter. Le second, à mon grand étonnement, a été vu 3 millions de fois en 4 jours... Ca me change un peu.

Quelles sont tes influences pour ce court-métrage ? C'est un peu King Kong meets la Super Nes meets La guerre des mondes, non ?
Ma principale influence c'est une scène de Ghostbusters que j'adore où l'on voit une horde de fantômes envahir New York. Je voulais aussi laisser le champ libre à l'interprétation du spectateur, je pense que c'est très important dans un film. Notamment, le film fonctionne sur plusieurs niveaux de lecture : est-ce la vengeance des années 80 ? Une métaphore de l'invasion du numérique ? Un acte terroriste ? Ou un simple hommage aux jeux vidéo vintage ? Beaucoup de courts métrages et de clips qui se font en ce moment ont la forme mais pas le fond. Je veux dire que quand on y réfléchit, ils ne veulent pas dire grand chose, c'est juste des trips de graphistes. Je pense sincèrement que c'est ce qui a plu, même inconsciemment, dans Pixels - au delà de l'aspect formel nostalgique.

Pourquoi avoir tourné à New York ?
C'est une idée de Benjamin Darras, le producteur de Pixels. Ca a couté le prix d'un billet aller-retour, la location de la caméra et quelques jours du précieux temps de Matias Boucard, chef opérateur sur ce projet. Avec le recul, je dois dire que ça aurait pu fonctionner dans d'autres villes - à Tokyo par exemple. Ou même à Paris. Ceci dit, Donkey Kong en haut de la tour Montparnasse ça aurait sans doute été moins fun ! La référence à King Kong était moins évidente...

Avec l'énorme buzz de ton clip, as-tu eu des propositions alléchantes ?
J'ai eu des tas de propositions de toutes parts, en particulier à Hollywood, qui s'est rapidement intéressé au projet. Je ne peux pas en dire beaucoup plus pour le moment. Nous y partons cette semaine et donc j'en saurai plus dans quelque temps... mais ça s'annonce bien.
Propos recueillis par Eric Vernay

Ca s'annonçait bien, en effet. Vu plus de 5 millions de fois sur Dailymotion, le court a marqué les esprits. Pourtant, quelques années plus tard, le Pixels extra large d'Hollywood n'a pas reçu le même accueil : ses critiques étaient mitigées, mais il a tout de même fini par franchir les 200 millions de dollars au box-office mondial. Bande-annonce :