DR

Les réalisateurs parlent de la comédie diffusée ce soir sur TF1.

A 21h, TF1 diffusera Le Prénom, la comédie de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière. Adaptée de la pièce de théâtre éponyme des scénaristes, elle a connu un grand succès aussi bien sur les planches qu’au cinéma, où elle a intrigué plus de 3 millions de spectateurs en 2012, avant d'obtenir deux César en début d'année suivante : les meilleurs seconds rôles pour Valérie Benguigui et Guillaume De Tonquédec

L'hommage de Patrick Bruel à Valérie Benguigui

Lors de la sortie de Papa ou Maman 2, Première avait rencontré les deux auteurs et metteurs en scène, qui sont revenus sur cette expérience. Extraits :

Il y a toujours une dimension théorique dans vos projets, mais elle ne vous empêche pas d’écrire des films ou des pièces rapides et sans prétention.
Matthieu Delaporte :
 L'obsession du rythme y est pour beaucoup, je crois. Le rythme et la vitesse sont des notions très différentes : parfois c’est en rallongeant une scène que tu la rends plus rapide. C’est assez dingue à constater. Quand tu compresses, tu peux perdre le sel de l’humour, il faut dilater, faire très attention aux temps d’écoute. Aujourd’hui nous n’avons plus peur de faire une scène de dîner qui dure dix minutes, quitte à ce qu’on dise que c'est théâtral – simplement parce que ça se déroule en intérieur.  Pour Le Prénom, le film qui nous a le plus influencés était The Social Network. Une bonne discussion, bien filmée, ça peut être du grand cinéma, et quand tu montes ce genre de séquence, tu ne dois te poser qu’une seule question, qui est d’ordre purement cinématographique : où est la balle ?

La balle ?
M. D. : C’est comme au tennis. La “balle” c’est ce que tu dois montrer au spectateur : est ce qu’elle est plus proche du personnage qui est en train de parler ou de celui qui écoute ? Très souvent, un acteur va dire, mettons, cinq répliques, sauf que le spectateur a compris l’enjeu et l’information dès la deuxième. A ce moment-là, la “balle”, l’attention du spectateur, arrive dans le camp de celui qui reçoit ces répliques.

(…)

Alexandre de la Patellière : C’est une question qui nous obsède ça, l’empathie. On a toujours essayé de ne pas écrire des choses binaires. Dans Le Prénom, par exemple, ton point de vue sur les personnages changeait au fur et à mesure du film…

MD: Et même si tu détestais les personnages de Bruel ou de Berling, nous, on les a écrits en leur trouvant autant de qualités que de défauts. On était très souvent d’accord avec ce qu’on leur faisait dire d’ailleurs. Ce qui est particulier avec Papa ou Maman, c’est que les héros font quelque chose de beaucoup plus transgressif que ceux du Prénom : ils s’en prennent physiquement à leurs mômes. Mais il n’était pas question de faire des leçons de morales sur le bien et le mal. Ça, c’est chiant et jamais drôle : il est toujours beaucoup plus marrant de montrer que l’intelligence et la connerie appartiennent à la même personne. On est tous comme ça : d’ailleurs les premiers dont on se moque dans nos films, c’est nous.

Bande-annonce du Prénom :