Les Minions
Universal

Le spin-off de Moi, moche et méchant arrive ce soir sur France 2.

Durant l'été 2015, nous avions rencontré Pierre Coffin, le co-créateur de Moi, moche et méchant, pour parler de la création et de l'avenir de cette saga animée à succès. Alors que Les Minions sera diffusé pour la première fois en clair sur France 2 à 21h, nous repartageons ses propos.

Moi, Moche et Méchant 1 et 2, maintenant Les Minions, demain Moi, Moche et Méchant 3. Vous n’arrivez pas à lâcher vos personnages ?
J’ai du mal. À chaque fois, je me dis qu’on ne m’y reprendra pas, et à chaque fois, ils se pointent avec une super idée. Par exemple, je vais enchaîner sur Moi Moche 3 parce qu’ils m’ont pitché le fameux « one-liner » et que j’ai fait, « wouah, d’où ça sort » ? (rires) J’ai alors vu toutes les possibilités d’amusement que pourrait avoir Carrell à jouer les propositions qu’on va lui soumettre.

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Carrell fait partie intégrante du processus de création ?
Complètement. Gru, c’est quasiment sa création : elle a influencé 99% de l’animation… On se base sur sa voix, géniale, et on donne notre interprétation physique de ce que Carrell dit et infléchit avec sa voix.

C’est quoi le point de départ des Minions ?
Meledandri m’a d’abord demandé si je voyais ça possible. J’ai dit oui, parce que j’adore ces personnages complètement adaptés à l’anim’ : on ne pourrait pas les faire en prises de vue réelles. Ce sont des formes super simples dans lesquelles tu demandes au public de se projeter ; ça rappelle les origines du cinéma, Chaplin, la comédie physique… J’ai donc dit oui, puis le scénariste Brian Lynch est arrivé avec un super concept : et s’il existait un univers parallèle où tout le monde est méchant à l’insu des autres ? Et si, par ailleurs, on faisait la genèse des Minions ? J’ai tout de suite vue plein de possibilités, qu’il a ensuite fallu mettre en œuvre. 

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Quel est le processus ?
Chris a l’habitude de commencer sur une structure qui lui paraît bonne, puis de la faire évoluer jusqu’au produit final, mais littéralement : il trouve la fin du film à la fin du process ! Par ex, la fin des Minions, que je trouve miraculeuse, est arrivée à la toute fin, avec des milliards de contraintes : Chris avait notamment peur de la réaction de Sandra Bullock, parce que des acteurs de cette trempe ont l’habitude de scripts bétonnés. Or nous, on leur demande de jouer plein d’angles différents selon certaines scènes qui changent la nature du script et parfois même des personnages. Sur Les Minions, la vraie question était de savoir si 1h30 de Minions, c’était tenable. La première année, on a vachement tourné autour de la question. On s’est dit à un moment qu’il fallait introduire un humain, puis au bout de quelques mois, on s’est dit : bah non, c’est plus un film sur les Minions mais sur cet humain. On est revenus à une autre idée qui était de rester sur les Minions mais en minimisant les dialogues, en calmant le côté hystérique pour essayer de faire émerger trois personnages principaux, le grand frère, Kevin, Stuart, l’ado je men foutiste et Bob, le gamin émerveillé. 

Y avait-il une volonté de vous démarquer de Moi, Moche… en accentuant le cartoon au détriment de la dimension émotionnelle ?
Oui. C’est un peu inhérent aux personnages, en fait. L’émotion est ailleurs, dans le fait de transposer l’action en 1968, de taper dans le Technicolor et dans des bandes-son qu’on n’a pas l’habitude d’entendre dans ces contextes là. Quand on a placé les Doors, on n’était pas sûrs que ça marche : pour moi, ça fait penser au Vietnam, à la guerre, puis, finalement, le côté décalé fonctionne. Les Minions est très cartoon dans l’esprit, moins dans le look. Le travail sur les teintes diffère beaucoup de Moi, moche..., dont je n’aime pas trop les couleurs criardes. Mais Chris me disait, à propos du choix de cette palette, que l’humour ne marche pas quand il y a de « l’ambiance ». Je suis pas trop d’accord avec ça. C’est pour ça que sur Les Minions, j’étais surpris qu’ils nous laissent faire.
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