World War Z
Paramount

Vous avez (re)vu le film de zombies avec Brad Pitt hier soir sur TF1 ? Alors parlons un peu de sa fin...

La première chaîne vient de rediffuser World War Z, un film de zombies qui a reçu des critiques mitigées depuis sa sortie, en 2013. Le blockbuster a subi pas mal de changements en cours de production, et cela se ressent parfois à l'écran, ce qui ne l'avait pas empêché de devenir un gros succès : c'est même le premier film avec Brad Pitt à avoir passé les 500 millions de dollars dans le monde. Son réalisateur, Marc Forster, avait profité de sa sortie en DVD et blu-ray pour justifier quelques choix scénaristiques auprès de Shocktillyoudrop et Movie.Com. Il expliquait notamment sa décision de couper la scène de fin prévue à l'origine pour la remplacer par une séquence moins mouvementée. Morceaux choisis.

Attention, spoilers ! Comme son titre l'indique, cet article est à lire APRES avoir vu World War Z.

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Trop d'action tue l'action
"En gros, après la scène en Israël et le crash de l'avion, Gerry devait se retrouver en Russie. C'est là qu'il trouvait la cure pour ne pas être mordu par les zombies. La différence, c'est qu'au lieu de la tester dans un labo, il était au beau milieu d'un champ de bataille. La nuit, sous la neige, avec des morts vivants partout. Après autant d'action, on trouvait qu'un nouveau combat était de trop. On a préféré une fin plus calme."

La nouvelle fin est "bien meilleure" selon Forster
"Le problème de cette bataille de Moscou, c'est qu'on perdait Gerry de vue. L'important, c'est ce qu'il ressent et le fait qu'il trouve une manière d'échapper aux zombies. (...) Dans tous mes films, je veux que le spectateur se sente proche du personnage principal. Je recherche ces moments de calme pour mieux m'intéresser au héros. (...) C'est la première fois que Gerry se retrouve seul depuis le début du film ! C’est un peu un héros malgré lui, et on s’en rend bien compte dans cette scène. Il est dans cette pièce avec les vitres, le zombie ne le lâche pas des yeux, il y a une tension. (...) J'ai été ravi que l'équipe comprenne ma décision et qu'on tourne une nouvelle fin."

Un pied de nez aux autres blockbusters
"Je dois avouer aussi que ça m’amusait d’aller à contre courant des blockbusters de l’été. Dans les gros films, le dernier acte doit être le plus énorme, le plus bruyant, le plus spectaculaire. Partir sur une fin plus calme, inattendue, je trouvais ça plus intéressant."

Aucune trace de l'ancienne fin ?
Pas si vite : on entrevoit le combat en Russie juste après la scène du labo, quand Gerry revient vers sa famille en bateau, mais seulement en quelques plans, lorsque l'on découvre comment la situation évolue dans différents pays. "Je ne pense pas que vous verrez un jour la séquence entière, pour la bonne raison qu'on ne l'a jamais terminée. On n'a pas financé les derniers effet-spéciaux. On l'a tournée, on a fait un premier montage, très brut, et c'est là qu'on s'est rendu compte que c'était épuisant de finir par une telle scène. Alors on a cherché un plan b plus cool. (…) Faire la CGI de cette séquence coûterait des millions, je ne pense pas que quelqu’un veuille investir là-dedans. La scène aurait pu être fantastique, comme celle en Israël, mais c’était too much. Ce n’était pas la bonne manière de boucler le film."

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Un director's cut en blu-ray
Même si on ne verra jamais cette fameuse bataille finale, une version inédite de WWZ a été dévoilée en blu-ray, qui dure près de 7 minutes de plus que celle diffusée au cinéma. Elle ne contient pas de changement majeurs, mais des plans supplémentaires un peu plus violents lors des scènes d'action, ainsi que des réactions des enfants du héros, ce qui permet au public de s'y attacher davantage. "Je suis vraiment excité de pouvoir proposer au public cette version non censurée de World War Z parce que lorsque tu te vois délivrer un PG 13, tu te dis que tu es pieds et poings liés. (…) Ceci dit, je suis très fier de la version salles. La version non censurée a cependant ma préférence car ce n'est pas juste du sang et du gore en plus. C'est une question d'intensité. On est davantage à cran en la regardant. J'ai trouvé que le film n'avait pas besoin d'être plus gore. L'intensité est plus forte, tout comme le son. (…) Le fait de savoir que j’allais pouvoir avoir une version non censurée pour le blu-ray a rendu le montage de la version salles un peu plus facile. C'est parfois dur de se dire qu'il faut atténuer certaines séquences mais j’ai laissé tomber, je savais que mes idées ne seraient pas perdues."