Men In Black : International
Sony Pictures Releasing France

Pas grand-chose à dire sur le nouveau Men in Black, qui remplit honnêtement le cahier des charges de la franchise.

Reboot ? Spin-off ? À vrai dire, même après l’avoir vu, on ne sait pas dans quelle catégorie ranger Men in Black International, qui fait néanmoins table rase du passé avec un casting entièrement renouvelé -à l’exception d’Emma Thompson qui reprend le rôle de l’agent O apparu dans le 3. Rappelons le concept de la franchise : des hommes en noir veillent à la cohabitation harmonieuse sur Terre entre aliens et humains à l’insu de ces derniers -dont la mémoire est effacée en cas d’indiscrétion. La grande nouveauté, qui s’inscrit dans l’air du temps, est la présence dans l’un des deux rôles principaux d’une femme. L’excellente Tessa Thompson (la Valkyrie des Avengers) incarne l’agent M, une rookie qui a fait le forcing pour intégrer l’agence des MIB qu’elle a débusquée grâce à son intuition et à son intelligence hors du commun, tout en évitant d’être “neuralysée”. Elle va être associée à l’agent H, le beau gosse des MIB, une légende vivante qui, deux ans auparavant, a détruit “la Ruche” (une entité agressive nichée dans la... Tour Eiffel) en compagnie de son mentor, High T, le patron des MIB. M et H vont à leur tour tenter de sauver le monde, sous la menace d’un duo d’aliens capable de manipuler la matière à la façon d’un Magnéto.

Sans surprises
L’univers MIB, tel que l’a imaginé Barry Sonnenfeld il y 22 ans, est tel que dans notre souvenir : bariolé, loufoque, spectaculaire, avec un bestiaire digne de l’épisode 2 et des SFX convaincants. L’initiation de M, si elle n’est pas sans rappeler celle de J (Will Smith) dans le premier épisode avec son lot de gaffes et de mises à l’épreuve, est le bon point du film. Les auteurs jouent habilement des clichés sur sa condition féminine dans un monde de mecs, qui finit par l’accepter. Thompson ne se virilise pas pour autant tout en apportant au personnage une sensibilité et un humour à froid attachants. Quant à Chris Hemsworth, il est dans son rôle de BG habituel, charismatique et musculeux, distribuant les pains comme les punchlines. Le scénario, lui, patine plus sérieusement. Les enjeux sont relativement faibles (le dénouement se devine à des kilomètres) et certaines bastons attendues (entre H et son ex, Riza, une mutante sexy jouée par Rebecca Ferguson ; le combat final), résolues de manière un peu trop laxiste. En conclusion, un épisode pas honteux mais pas non plus indispensable.

Men in Black International, en salles le 12 juin 2019.