Transformers 4
Paramount

L'acteur parle de No Pain No Gain et des derniers Transformers.

A l'occasion de la rediffusion de Transformers : l'âge de l'extinction, à 21h20 sur C8, nous republions une interview de son acteur principal, Mark Wahlberg. En 2014, il succédait à Shia LaBeouf, devenant le nouveau héros de la saga, Cade Yeager et parlait de cette expérience dans Première.

Mark, Michael Bay sur un petit film comme No Pain No Gain et sur un blockbuster à 220 millions comme Transformers, c’est le même type ?
Totalement. Il est mû par la même énergie, laisse le même espace aux acteurs pour jouer, créer, improviser. L’expérience No Pain No Gain a été très enrichissante sur ce plan là : Michael arrivait tous les jours avec des idées nouvelles, des dialogues différents et me laissait improviser et changer des trucs dans le scénario… C’était très libre. Du coup, quand il m’a proposé Transformers, j’ai accepté à la condition que nous puissions garder cette relation de travail.

Le budget ne change donc rien ?
Non, précisément parce que sur Transformers 4, l’un des enjeux principaux de Michael c’était l’aspect humain de l’histoire. J’ai passé beaucoup de temps avec le scénariste avant le tournage, on a réécrit les dialogues, ou on les jouait différemment. Il fallait que ça sonne vrai et pour ça, il fallait qu’on s’approprie vraiment les personnages.

Un exemple ? 
Le dialogue sur la tenue de ma fille, c’est sorti tout seul alors qu’on commençait la première prise : ce jour-là, je ne savais pas comment serait habillée Nicola. Quand elle est arrivée en face de moi, c’est vraiment sorti comme ça d’un coup : "jamais je ne laisserai ma fille porter un truc comme ça". Parce que c’est ce que je pense vraiment. (rires)

Qu’est devenu le personnage de Shia LaBeouf dans la saga Transformers ?

C’est la grosse surprise du film : Wahlberg papa. On ne s’attendait pas forcément à ça…
Mais je vieillis ! la plupart des acteurs de mon âge ne sont pas prêts à jouer ce genre de rôle, mais il se trouve que j’ai quatre enfants et que mon aîné est une fille. Tout ce truc des garçons qui lui tournent autour, du premier petit copain, c’est des choses auxquelles je pense tout le temps…

Ce qui est amusant, c’est que dans Fear de James Foley vous jouiez le petit copain qui entraîne la fille sur des chemins aventureux…
Oui, mais c’était il y a quoi… 15 ? 20 ans ? J’ai passé l’âge de ces conneries.

Par contre, vous pouvez toujours flinguer des aliens ! D’ailleurs, en vous voyant dans les scènes d’action, on se dit que c’est ce qu’il manquait à la saga : un action man.
Peut-être. Je vois ce que vous voulez dire, et en même temps, le résultat c’est que je me suis retrouvé à jouer avec un flingue au look futuriste ridicule. C’était très amusant, mais moi ce qui m’intéressait, c’était moins l’action que le fait de recentrer la franchise sur des territoires plus humains. Avec plus d’émotions.

Comment on gère ça face à des robots de 10 mètres de haut ?  
Avec beaucoup d’imagination ! Et heureusement que j’ai fait Ted : depuis je me fais beaucoup plus confiance sur ce terrain là et je ne me suis pas pris la tête plus que ça sur Transformers 4. C’est un retour à une forme de jeu pure. Comme quand tu étais gosse. Tu dois d’abord y croire. C’est à cette seule condition que les spectateurs y croiront.

Transformers 4 est sans doute le meilleur film de Michael Bay [critique]

2h45 c’est pas un peu long tout de même ? 
Je ne trouve pas ! D’abord parce que ça pète dans tous les plans, que c’est hyper cool et très impressionnant. Il y a des Dinobots, mec ! Et puis parce qu’il faut le temps pour installer les personnages. 

On a quand même du mal à imaginer que vous ayez vécu la même chose sur No Pain No Gain et sur Transformers 4
Ca tient à la personnalité de Michael. Il sait ce qu’il veut. Il est très déterminé. Quelque soit le film. Je vais te raconter deux histoires. Dans No Pain No Gain je me souviens de cette course folle de Lamborghini. Il y avait 10 caméras dans l’habitacle et je fonçais seul, sur une autoroute fermée. Seule consigne : rouler le plus vite possible. J’allais à 290 km/h et il était comme un gosse derrière ses combos. Dans Transformers 4, c’est exactement la même folie. Un jour on me fait grimper dans un hors bord. Pas de caméra, rien. Seul encore. Je lance les moteurs et je me dirige dans la direction qu’on m’a demandé de prendre. Je n’arrête pas de me demander ce que je fous là quand je découvre un point noir à l’horizon. Je sais qu’il va se passer un truc, mais je ne sais pas quoi. Je me concentre, je mets les gaz et puis le point noir se transforme en hélico. Un hélico qui se rapproche à toute blinde. Mon bateau se soulève avec les vagues, et je me regarde l’hélico qui fonce, très bas. Et je me dis : Merde. Merde ! MEEEEEEERDE ! Et le truc me passe au-dessus à un mètre… Et je vois Michael qui se marre. Dans les deux cas, il a sa petite équipe, les mêmes techniciens et il est quasiment seul à faire ses plans de fou. Au fond la vraie différence entre No Pain No Gain et Transformers 4, c’est que le premier film a été tourné en 40 jours et le deuxième en plus de 100. Ca me rappelle cette image où on vous voit accroché à un mur et où Michael Bay est à un mètre au-dessous de vous, penché par une fenêtre, comme un gosse avec son énorme caméra dans les mains… Il est là. Il est avec toi. C’est très rassurant pour un acteur d’avoir son metteur en scène face à soi. Ca change tout. Tu as une relation directe avec ton réalisateur. Il se marre, il te parle, il crie : "Mark ! That’s great ! That’s fuckin’ awesome". Franchement, c’est un génie.

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