Mad Max, TDKR, Dunkerque : Tom Hardy parle de son amour des masques
Première/Warner Bros

"A force, vous êtes obligé d’admettre que, oui, ça fait beaucoup de masques. Mais c’est bien, les masques."

Tom Hardy revient cette semaine dans Venom, film de super-héros dont il tient le double rôle-titre : il y joue à la fois le personnage humain Eddie Brock et le symbiote extra-terrestre qui s’empare de son corps. L’acteur était le mois dernier en couverture de Première, et au cours d’une longue interview, il revenait sur ses choix de carrière et les éléments qui sont devenus sa marque de fabrique, comme son goût pour les masques (il est caché durant la majeure partie Mad Max, de The Dark Knight Rises et de Dunkerque), et bien sûr ses multiples voix, le comédien aimant changer d’intonations et d’accents au fil des rôles. Extrait de son long entretien paru dans le numéro 488.

Marvel expliqué par Tom Hardy

Vous aimez porter des masques au cinéma. Venom en est un autre. Cacher votre visage –  « jouer avec les yeux » comme disent vos admiratrices  –, c’est une quête d’épure ? 
Vous entretenez le mystère, vous réduisez le volume. C’est intéressant. Mais ça relève surtout d’une coïncidence. C’était écrit tel quel dans le script de Mad Max : il porte une muselière en acier pendant tout le premier acte. Ça a du sens par rapport au personnage, qu’il s’agisse de Max ou de Bane dans The Dark Knight Rises, et donc vous n’y pensez pas. Mais à force, vous êtes obligé d’admettre que, oui, ça fait beaucoup de masques. Mais c’est bien, les masques. Tout le processus de pensée du spectateur au cinéma passe par la lecture des visages. Vous projetez vos attentes et vos désirs sur les visages des acteurs. Mon métier, par exemple, c’est de regarder les autres. Je me nourris du comportement des gens. Comment ils se présentent et communiquent physiquement leurs états d’âme, sans rien dire. Qu’exprime leur regard ? Est-ce qu’ils sont à l’aise ? Bien dans leur peau ? Endormis ? Attentifs ? Fuyants ? Maîtres d’eux-mêmes ? (Il nous fixe droit dans les yeux.) Est-ce qu’ils peuvent s’accommoder du silence ? Sont-ils présents avec moi, dans cet instant ? (Il relâche son emprise.) Au cinéma, vous êtes automatiquement captifs du regard, vous essayez d’attraper la moindre nuance dans les yeux de l’acteur. Et quand l’acteur porte un masque, paradoxalement, le spectateur se rapproche davantage. Il s’avance sur son siège, il cherche à comprendre. Il va plus facilement vers lui…

Quand Chris Nolan vous présente Dunkerque, vous ne vous dites pas : « Encore le masque !!! » ?
(Rires.) Ils m’ont mis un sac sur la tête et le masque à oxygène à la Bane, et bien sûr on s’est marré ! Mais ces types portaient des masques quand ils pilotaient, c’est comme ça. Un job simple, Dunkerque. La voix du mec nous guide, on connaît la position des coucous les uns par rapport aux autres, on comprend où il regarde, on voit ce que fait son avion… Bim-Bam-Boum.

La manière dont vous posez la voix est toujours indicatrice de la performance. C’est là que le personnage prend forme ?
Certains plus que d’autres. Je cherche à échapper à ma voix. Quand je lis un script, j’associe des sons à des personnages et je « fais des voix », comme si j’enfilais un costume. C’est un peu la base quand on joue à faire semblant. J’essaye de trouver une voix pour untel, de m’en défaire, et de passer à une autre. Mais certains de mes personnages ont tendance à s’influencer vocalement. J’entends des similarités entre Bronson et Alfie Solomons [le gangster yiddish qu’il interprète dans la série Peaky Blinders], ou entre Bronson et Ronnie Kray [Legend], et du coup entre Solomons et Kray. Et merde, je le sais bien ! Mais je n’y peux rien, il y a un archétype de mecs qui parlent comme ça. Et certains archétypes ont des sons propres, des consonances universelles. Le sergent major de l’armée, acide et autoritaire ? Il a un son !

Bande-annonce de Venom, qui sortira le 10 octobre au cinéma :

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