Le Grinch
Universal Pictures International France

Le héros créé par le Dr Seuss revient au cinéma cette semaine en mode animé. Retour sur ses autres apparitions sur petit et grand écran.

Le livre

Le Grinch naît un beau jour de mai 1955 avec le court poème « The Hoobub and The Grinch », publié dans les colonnes du magazine Redbook. Et c’est deux ans plus tard qu’il devient héros de librairie via Comment Le Grinch a volé Noël, écrit et illustré par Theodor Seuss Geisel, alias le Dr Seuss, roi de la littérature jeunesse alors âgé de 53 ans. Il raconte les aventures d’une créature recouverte de poils verts bougonne à souhait. Un misanthrope qui a une sainte horreur de Noël et va tout mettre en œuvre pour gâcher les festivités prévus dans la petite ville de Chouville, dont il vit depuis 53 ans à l’écart, dans une grotte. Le livre sera un immense succès populaire qui traversera les générations.

Les adaptions télévisées

C’est sur le petit écran, onze ans après la publication de Comment Le Grinch a volé Noël que Le Grinch connaît une nouvelle vie par l’intermédiaire de Chuck Jones, le papa de Bugs Bunny. Celui- ci adapte ses aventures en un dessin animé qui devient instantanément culte avec la riche idée de confier sa voix à Boris Karloff, l’inoubliable interprète de Frankenstein.

Puis en 1977, le Dr Seuss reprend lui-même la plume pour imaginer Halloween is Grinch night, prequel du dessin animé de 1966 spécialement conçue pour la soirée d’Halloween d’ABC qui remportera un Emmy Award l’année suivante.

Cinq ans plus tard, le Grinch réapparaît à la télé, toujours sur ABC, le temps d’un cross- over avec un autre personnage sorti tout droit de l’imaginaire du Dr Seuss : Le chat chapeauté. Et ce dernier met la main à la pâte pour imaginer ce The Grinch grinches the Cat in the Hat, en mode animation musicale. Avec cette fois- ci deux Emmys à clé.

Puis en 1996, Le Grinch refait un ultime tour – à ce jour - par la case télé le temps de la série The Wubbulous World of Dr Seuss, dans laquelle Jim Henson, le créateur du Muppet Show, joue pendant deux saisons avec l’univers et les nombreux personnages imaginés par Seuss qui s’est éteint le 24 septembre 1991 à l’âge de 87 ans.

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Le passage au cinéma

De son vivant, le Dr Seuss se méfiait du cinéma, échaudé par l’adaptation en 1953 des 5 000 doigts du Dr. T qu’il considérait comme un ratage. Pour lui qui considérait quasi indépassable le travail de Chuck Jones en 66, voir son Grinch passer du petit au grand écran n’avait donc rien d’une priorité. Après sa disparition, c’est sa veuve Audrey Geisel qui fut en charge de gérer les droits d’adaptation. Et pressée par de nombreuses demandes, elle avait très tôt indiqué qu’elle souhaitait attendre que la technologie se développe pour réussir un film fidèle à l’univers de son défunt mari. Plusieurs cinéastes furent sur les rangs : Tom Shadyac (Ace Ventura), John Hughes (The Breakfast club), les frères Farrelly (Mary à tout prix) et… Ron Howard qui remporta la mise avec Jim Carrey dans le rôle-titre.  Un rêve de gamin pour ce zébulon qui dut cependant endurer quotidiennement plus de trois heures de maquillage (imaginé par l’un des maîtres du genre, Rick Baker, qui a notamment œuvré sur Star wars et Men in black) pendant les cents jours de tournage. Mais ces souffrances n’auront pas été inutiles : Le Grinch a totalisé 350 millions de dollars de recettes à travers le monde. Soit le triple de son budget.

Le premier film d’animation

Dix huit après la vision de Ron Howard, Le Grinch réapparaît sur grand écran mais en mode animation 3D. A l’origine de ce projet, on retrouve le studio Illumination, les créateurs de Moi, moche et méchant et Tous en scène qui avaient déjà porté à l’écran en 2012, un autre personnage du Dr Seuss, Le Lorax (avec près de 350 millions de dollars de recettes plaétaires à la clé). Aux commandes de cette adaptation du livre originel de 1957, Yarrow Cheney (co- réalisateur de Comme des bêtes) et Scott Mosier (scénariste de Drôles de dindes) signent une sarabande de Noël drôle, trépidante, avec juste ce qu’il faut d’émotion, portée par voix de Benedict Cumberbatch en V.O. et celle de Laurent Lafitte en V.F. Et comme toutes les productions Illumination, ce Grinch a été créé entièrement en France chez leur filiale Mac Guff.