Abaca

Et soutient publiquement Woody Allen.

C’est par écrit, sur son blog personnel, que Moses Farrow, fils adoptif de Mia Farrow et Woody Allen, a choisi de s’exprimer. Un long texte, très fort, dont on termine la lecture avec un sentiment de malaise. Point par point, celui qui est devenu psychanalyste (il le précise deux fois dans son texte), répond aux accusations portées par sa mère Mia Farrow et sa petite sœur Dylan à l’encontre de Woody Allen.

Ce n’est pas la première fois que Moses Farrow clame l’innocence de son père, accusé d’avoir agressé sexuellement Dylan lorsqu’elle avait 7 ans. Cette fois, il raconte son enfance. Et dénonce les mauvais traitements dont tous les enfants de Mia Farrow auraient été les victimes.

Il revient donc sur le jour de l’agression présumée, le 4 août 1992. A l’époque, il a 14 ans. Et depuis sept mois, le foyer est bouleversé : Mia Farrow a appris que Woody Allen entretenait une relation avec sa fille de 21 ans, Soon-Yi. « Depuis plusieurs mois, elle répète comme un mantra : Woody était « méchant », « le diable », « un monstre », Soon-Yi était « morte pour nous ». C’était un refrain récurrent, que Woody soit là ou non. (Elle le répétait si souvent que Satchel (Ronan Farrow, ndlr) disait à nos nounous, « Ma sœur b**** mon père ». Il venait d’avoir quatre ans.) Ma mère était notre seule source d’information sur Woody – et elle était très convaincante », écrit-il.

Woody Allen se défend des accusations portées par sa fille

Ce jour-là, respectant la consigne donnée par sa mère, il ne quitte donc pas son père des yeux. Il est formel : Woody Allen ne serait jamais resté seule avec son père. Et d’expliquer que la pièce où elle dit avoir été agressée, le grenier, ne comportait pas de circuit de train électrique, contrairement aux souvenirs qu’elle dit avoir.

"Mia m’a dit qu’elle avait été victime de tentatives d’agressions dans sa famille"

Cette fois, Moses Farrow va plus loin. Et dénonce des mauvais traitements. « Les dysfonctionnements dans ma maison d’enfance n’ont rien à voir avec Woody. Cela avait commencé bien avant qu’il soit dans le tableau, et provient d’une profonde et persistante obscurité dans la famille Farrow. »

Le fils de Mia Farrow revient donc sur le parcours de sa mère, dont le père, le réalisateur John Farrow, « était un gros buveur et un coureur de jupons ». « Mia m’a raconté qu’elle avait été la victime de tentatives d’agressions dans sa propre famille, continue-t-il. Son frère, mon oncle John, qui venait nous voir régulièrement quand nous étions petits est actuellement en prison pour plusieurs accusations d’agressions sur enfants. »

Et de tout déballer : le mariage de Mia Farrow et Franck Sinatra quand elle avait 21 ans et lui 50. Sa relation avec le mari de sa meilleure amie, André Previn, dont elle a eu un enfant. Et la succession de malheurs dont ont été victimes ses enfants.

"Je pense que ma mère avait de bonnes intentions en adoptant des enfants avec des handicaps, mais la réalité derrière nos murs était toute différente. Cela me peine de me souvenir de moments où j’ai vu certains de mes frères et sœurs, certains aveugles ou atteints de handicaps physiques, poussés dans les escaliers vers une chambre ou un placard, puis enfermés de l’extérieur. Elle a même enfermé mon frère Thaddeus, paraplégique après avoir eu la polio, dans une cabane de jardin pour la nuit, comme punition pour une transgression mineure."

D’après Moses Farrow, sa sœur Soon-Yi aurait été aussi une victime habituelle des mauvais traitements de leur mère : "Quand Soon-Yi était jeune, Mia a un jour jeté un centre de table en porcelaine à sa tête. Heureusement, elle l’a ratée ; mais des éclats ont touché ses jambes. (…) Même si sa relation avec Woody n’était pas conventionnelle, elle lui a permis de s’échapper. D’autres n’ont pas eu cette chance."

Il évoque alors la mort de sa sœur Tam à l’âge de 21 ans, qui se serait suicidée après une énième dispute avec Mia. Une explication que lui aurait donnée son frère Thaddeus, qui s’est lui aussi suicidé il y a deux ans, "il s’est tiré dessus dans sa voiture, à moins de dix minutes de la maison de ma mère" remarque-t-il. Sa sœur Lark, "morte dans pauvreté du Sida en 2008 à 35 ans", "pour nous tous, vivre sous le toit de ma mère était impossible si vous ne faisiez pas tout ce qu’elle demandait, peu importe la pertinence de ce qu’elle demandait" écrit-il.

"Avoir dénoncé publiquement mon père reste le plus grand regret de ma vie"

Après avoir détaillé les coulisses des deux enquêtes conduites indépendamment après les accusations portées par Mia Farrow, Moses Farrow affirme que sa mère lui avait demandé de revenir sur ses déclarations, et d’accuser lui aussi leur père. Cela reste « le plus grand regret de ma vie » dit-il.

Enfin, Moses Farrow termine son témoignage en s’adressant « aux acteurs qui ont travaillé avec mon père et ont annoncé qu’ils regrettaient : "plutôt que d’accepter l’hystérie de la foule de Twitter, répétant sans fin une histoire examinée et discréditée il y a 25 ans, prenez en compte ce que j’ai à dire. Après tout, j’y étais, dans la maison, dans la pièce, et je connais à la fois mon père et ma mère et je sais ce que chacun est capable de faire bien mieux que vous."

A sa sœur Dylan, "comme toi je crois au pouvoir de libérer sa parole. J’ai brisé mon silence au sujet des maltraitances infligées par notre mère. Ma guérison n’a débuté que lorsque je me suis éloigné d’elle."

Ses derniers mots s’adressent à sa mère : "Je pense que maintenant tu vas lancer une campagne contre moi pour me discréditer pour avoir parlé. Je sais que cela vient avec. Et c’est un poids que je suis prêt à supporter."

Et de terminer par des mots forts : "Après tout ce temps, cela suffit. Toi et moi connaissons la vérité. Et il est temps que ce châtiment s’achève."

L'intégralité du billet écrit par Moses Farrow est à lire ici.

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