Kursk Matthias Schoenaerts
EuropaCorp Distribution

Thomas Vinterberg raconte avec efficacité l'histoire vraie du naufrage du sous-marin russe Kursk il y a près de vingt ans.

Kursk commence sur une belle idée : après un prologue filmé au format 4/3, l'image passe au scope lorsque le sous-marin du titre, filmé de très loin, plonge dans les flots au son d'un choeur élégiaque d'Alexandre Desplat. A l'instar de ses emplois récents -par exemple dans Le Monde fantastique d'Oz ou Mommy- ce spectaculaire changement de cadre annonce l'entrée dans un autre monde, bigger than life : celui où l'on exhibe les moyens spécifiques au cinéma pour mieux affirmer que ce récit n’aurait pas pu être raconté autrement. Bon, en fait, ce récit du naufrage dramatique du Kursk ne parvient pas à être autre chose qu'un très honnête « d'après une histoire vraie » (même si le film ne contextualise pas son action, à l'exception d'un extrait de concert de Metallica à Moscou). Kursk pourrait se passer n'importe quand dans la Russie forcément déliquescente de l'après-Guerre froide de 1990 à nos jours. Les bateaux sont pourris, les militaires au pouvoir de vieilles barbes obtuses (mais les marins anglais, eux, sont en revanche de chevaleresques sauveteurs). Le script ne s'attarde pas sur le côté « true story » (on ne cite même jamais le nom de Vladimir Poutine), préférant concentrer son énergie sur le drame humain. Sur les derniers instants d'une bande de marins russes -menés par un Mathias Schoenaerts d'une sincérité incroyable- promis à une mort effroyable à cause de l'inertie du pouvoir. De ce point de vue-là, le film est parfaitement réussi.

Kursk, en salles le 7 novembre 2018