Max et les ferrailleurs
Fida Cinematografica / Lira Films / Sonocam

Le duo Romy Schneider- Michel Piccoli, sous la direction de Claude Sautet, est à l’honneur ce soir de « Place au cinéma » sur France 5, présenté par Dominique Besnehard

Une fable sur le stalinisme

Max et les ferrailleurs est un roman signé en 1968 par Claude Néron. L’histoire d’un policier qui tend un piège à une bande de malfrats amateurs pour les surprendre en flagrant délit. Et si Sautet choisit de le porter à l’écran en 1971 avec son auteur et Jean- Loup Dabadie, son complice d’écriture des Choses de la vie, c’est parce que ce personnage prêt à toutes les manipulations pour atteindre son objectif fait écho à sa propre jeunesse d’ex- militant communiste. Lui qui s’était alors opposé ceux qui s’enivraient du Petit Livre Rouge de Mao et dont la certitude d’appartenir au camp du bien les exonérait dans leur esprit de tout scrupule. A l’image de Max. Sautet voyait donc ce Max et les ferrailleurs comme une fable sur le stalinisme.  Et trois ans plus tard, il adaptera un autre roman de Néron, La Grande marrade qui deviendra Vincent, François, Paul… et les autres.

Un duo Montand- Jobert un temps envisagé

Quand il s’agit de distribuer les deux premiers rôles de Max et les ferrailleurs - Max et Lily, le flic pervers et la prostituée qui s’éprend de lui sans connaître sa véritable identité -, les producteurs envisagent tout d’abord un couple inédit sur grand écran : Yves Montand et Marlène Jobert. Mais les deux déclinent, la comédienne expliquant qu’elle refuse de jouer une prostituée. Les producteurs envisagent alors un autre tandem, glamour en diable : Alain Delon- Catherine Deneuve. Un nouveau double refus qui n’est pas sans déplaire à Sautet : le cinéaste avait une autre idée en tête…

Les retrouvailles Piccoli- Schneider

C’est donc Michel Piccoli et Romy Schneider - le couple bourgeois des Choses de la vie, qui vient de remettre Sautet sur le chemin du succès cinq ans après le bide de L’Arme à gauche – qui incarnent Max et Lily. Deux comédiens motivés par leurs rôles. C’est à la lecture d’un synopsis d’une page que la seconde a insisté auprès de Sautet pour devenir Lily. Et le premier a déboulé sur le plateau avec un costume choisi par ses soins chez un spécialiste du vêtement pour policiers en civil. C’est ce qu’on appelle avoir un personnage dans la peau.

L’une des premières apparitions de Philippe Léotard

Max et les ferrailleurs fait la part aux seconds rôles magnifiques. On y voit Georges Wilson, Bernard Fresson, François Périer, le chanteur Bobby Lapointe que Sautet avait déjà dirigé dans Les Choses de la vie mais aussi un quasi- débutant. Un an après une apparition comme figurant dans Domicile conjugal de François Truffaut, Philippe Léotard trouvait ici le premier vrai rôle d’une carrière qui le conduira jusqu’au César du meilleur acteur pour La Balance en 1983.

Le film préféré de son auteur

Pour la critique, celle d'hier comme d’aujourd’hui, Max et les ferrailleurs apparaît comme le film le plus personnel de Claude Sautet. Et le cinéaste est sur la même longueur d’ondes. Même si avec 1,9 million d’entrées, il se situe à bonne distance des 3 millions des Choses de la vie, Max et les ferrailleurs restera à part dans son cœur. Et si peu avant sa disparition en 2000, il a remonté sept de ses films majeurs, il a à peine touché à celui- ci. Son film parfait ?

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