Studio Chizu

Une chronique familiale aussi surprenante qu'émouvante, par le réalisateur des Enfants loups.

Une ritournelle pop, une ville vue du ciel, une série de photos de famille... En quelques secondes, Miraï, ma petite sœur place le curseur de l'émotion dans le rouge, à l'instar de Là-haut : la comparaison entre le nouveau film de Mamoru Hosoda (Les Enfants loups) et la plus grosse chialade de Pixar n'est pas fortuite. Les deux films commencent comme des chroniques réalistes avant de s'embarquer pour les loopings d'une grande aventure animée. Jugez-en plutôt : Kun, un petit garçon, voit sa vie perturbée par l'arrivée d'une petite sœur. Après une grosse colère, il se réfugie dans le jardin familial et de là s'embarquera pour de fréquents voyages dans un monde magique...

A partir de ce postulat, Miraï, ma petite sœur accepte tout sauf d'être prévisible. Pas de structure en trois actes, de schéma paresseux, de gimmick de scénariste ou de "voyage du héros" usé à la corde. Hosoda refuse d'être facile, ce qui déroutera peut-être les spectateurs s'attendant à un film d'aventures pour toute la famille : un paradoxe tant Miraï est un film purement familial qui traverse et qui transcende tous les âges. D'une richesse incroyable, le métrage passe donc d'un registre à l'autre, du réalisme au fantastique, parfois dans la même séquence ou le même plan. S'il se disperse parfois comme par peur de ne rien rater et de tout concentrer (on passe d'un flashback pendant la Seconde guerre mondiale à une séquence dingo dans une gare au sein d'un univers parallèle), Hosoda parvient avec ce magnifique Miraï à concentrer l'une des forces essentielles du cinéma d'animation : mettre tout l'univers d'un film sur le même niveau de réalité.

Présenté en compétition au Festival du Film d'animation d'Annecy et à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2018, Miraï, ma petite sœur sortira le 26 décembre prochain.

A lire aussi sur Première