All inclusive Franck Dubosc
Warner Bros. France

Les créateurs de Camping ont raté leur coup.

Un club de vacances tout inclus, c’est la perspective de n’avoir à s’occuper de rien : logement, voyages, nourriture, animations et boissons, tout est compris. Pas de supplément. Pas de surprise à l’arrivée. Bref, l’option idéale pour ceux qui jouent la sécurité et veulent se fatiguer le moins possible. All Inclusive, le film de Fabien Onteniente nous laisse la même impression. En ce sens, c’est une réussite ! Mais le réalisateur semble avoir tenté de mettre dans une formule tous les ingrédients de succès passés, y compris du sien.

On résume le début de l’intrigue spoiler-free : Bruno doit partir en vacances avec sa fiancée (Maïwenn passée cachetonner discrètement) mais celle-ci se rend compte à l’aéroport que son passeport est périmé et largue sa moitié. "Sale pute", lâche Balasko en touriste spectatrice, plantant là son personnage de mégère vulgaire avide de rencontres. Très vite, Bruno est collé par un type étrange en parka, Jean-Paul Cisse (oui, c’est un jeu de mots sur le pape), qu’on incruste de force dans son bungalow nuptial. Le principe du duo mal assorti, ressort éternel de la comédie, est posé. Un soupçon d’Emmerdeur, un poil de Chèvre et même quelques piquets de Camping ne font rien à l’affaire. La mayonnaise ne prend pas. Le type envahissant qui pourrit la vie du type normal, on l’a déjà vu mille fois. Mille fois aussi, Franck Dubosc (ah oui, on a oublié de vous dire, Jean-Paul Cisse) s’est flagellé (oui, nous aussi on fait des métaphores chrétiennes) en séducteur loser. Il est co-auteur du scénario, ne l’oublions pas. Cette fois-ci, il se met vraiment à poil. Au sens propre. Il y avait le slip de Patrick Chirac dans Camping, il y a le no slip de Jean-Paul Cisse dans All Inclusive.

Outre les blagues sur le physique, on a le droit à quelques perles sur les pets dans la piscine, les femmes divorcées et les vieux. Mais le gros des vannes se concentre sur l’avidité des uns et des autres. Pour Onteniente, le "all inclusive" est synonyme de touristes qui se jettent sur la nourriture, sur les boissons et d’un directeur qui veut les arnaquer. Il y revient souvent.

Le plus gênant reste sans doute la référence aux Bronzés, dont All Inclusive serait le fils spirituel. Josiane Balasko (qui joue un personnage entre Nathalie des Bronzés et Frède de Nuit d’ivresse) et Thierry Lhermitte (de G.O, il est passé directeur de club) retrouvent leurs habitudes mais tout sonne faux. A commencer par la scène de retrouvailles qui se veut un clin d’œil : "on se serait pas déjà croisés quelque part tous les deux ?" "Dans un autre club ?" (ha ha ha !)

Bref, scénario bâclé, dialogues pas travaillés, comédiens en surjeu, image mal léchée, ce All Inclusive a tout compris. Et dire que le film sort sur 610 copies en France, soit 80 de moins que le Disney de février (Ralph 2.0), pour qu’au buffet des vacances, les adultes, eux, n’aient pas d’autres choix que de plonger.