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Sortir les films en VOD pour 50 dollars en même temps qu’au cinéma ? Christopher Nolan et James Cameron sont contre.

Il n’y a pas que les super-héros qui se battent à Hollywood. Il y a aussi les producteurs et réalisateurs des blockbusters les plus populaires du moment, qui se divisent en deux camps au sujet de "l’affaire The Screening Room". Rembobinons.

La semaine dernière, le fondateur de Napster Sean Parker (vu dans The Social Network sous les traits de Justin Timberlake) présentait le projet de VOD haut de gamme The Screening Room, sorte de Netflix pour cinéphiles riches. Son idée est simple : proposer au public de découvrir les nouveautés dans leur salon au moment de leur sortie au cinéma. Mais elle est aussi très coûteuse. 150 dollars pour la box permettant de télécharger les longs-métrages, puis 50 dollars pour chaque œuvre cinématographique, pour une diffusion limitée à 48 heures.

Plusieurs exploitants de salles américaines ont immédiatement fait part de leurs craintes face à une telle démarche, estimant que The Screening Room allait "dévaluer l’expérience des spectateurs". Sean Parker se défend en affirmant que son concept s’adressera principalement aux gens qui ne vont pas ou très peu au cinéma, préférant regarder des films chez eux. Il rappelle également que "Pour chaque commande The Screening Room reversera 20 dollars aux studios et donnera deux tickets de cinéma aux usagers pour les encourager à se déplacer dans les salles. En contrepartie de l'exclusivité sur les oeuvres, la start-up s'engagera également à les protéger du piratage grâce à des technologies efficaces".

Cette question fait débat à Hollywood depuis quelques années déjà, et après les exploitants, ce sont des producteurs et réalisateurs influents de l’industrie qui réagissent dans la presse. Sans surprise, il y a là aussi deux camps. Si Peter Jackson, Steven Spielberg, Ron Howard, Brian Grazer, Martin Scorsese et J. J. Abrams soutiennent le projet, Christopher Nolan, James Cameron et Jon Landau y sont fortement opposés.

Le réalisateur du Hobbit considère par exemple que "Screening Room permettra d’étendre le public d’un film et non de le déplacer des salles de cinéma dans leur salon privé. Il n’opposera pas non plus les studios aux exploitants. Au contraire, l’idée est de respecter les deux en proposant une structure sur le long terme qui permettra tout simplement d’élargir les possibilités de diffusion. Cela ne peut faire que du bien à l’industrie".

Face à cette annonce, le producteur d’Avatar Jon Landau a écrit une lettre ouverte expliquant que "Jim (James Cameron) et moi pensons que le fait de proposer la priorité aux salles de cinéma est sacré. Aussi bien du point de vue de la création que financier, il est important que les films soient d’abord dévoilés dans les salles obscures. Nous ne comprenons pas que l’industrie empêche le public de découvrir des nouveautés ainsi. C’est la meilleure expérience du cinéma, et c’est pour ça qu’on travaille si dur sur nos films". Le réalisateur de la trilogie Dark Knight vient de se rallier à eux en exprimant la même idée : pour lui, un long-métrage est d’abord destiné à être vu sur grand écran, dans une salle de cinéma. Chacun choisit son camp : "Team The Screening Room" ou "Team Theatres" ?

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